(Paris) Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a déclaré que la possibilité d’émettre des obligations souveraines avec de très longues échéances était étudiée « très sérieusement » par l’administration américaine.

Agence France-Presse

« Si les conditions sont bonnes, alors je pourrais entrevoir de profiter des emprunts à longs termes et de mettre en œuvre » cette stratégie, a déclaré M. Mnuchin dans un entretien avec l’agence Bloomberg.

Il y a deux ans, M. Mnuchin avait déjà demandé à ses équipes d’explorer la possibilité d’émettre des emprunts de très longue maturité.

Lancer des emprunts d’État à très long terme, comme sur 50 ou 100 ans, surnommés emprunts « Mathusalem », revient sur la table à mesure que les rendements obligataires baissent.

La durée maximale des bons du Trésor américains est pour l’heure fixée à 30 ans et les rendements à cette échéance évoluent actuellement à des niveaux historiquement bas.

Le taux à dix ans sur les bons du Trésor américains est en ce moment régulièrement inférieur à celui sur les obligations à deux ans, un phénomène connu sous le nom d’« inversion de la courbe des taux » qui est particulièrement redouté des marchés financiers car il est considéré comme l’indicateur avancé d’une récession.  

Les courbes sont considérées comme « normales » quand les taux associés à un placement sont d’autant plus élevés que leur échéance est lointaine.

« L’idée d’un bon de très longue durée avait déjà été évoquée sous l’administration Obama, mais n’avait jamais dépassé le stade de projet, du fait surtout de considérations politiques », soulignaient récemment les experts de Mirabaud Securities Genève.

Alors que les États-Unis ont encore des taux positifs, la zone euro est dans une situation inédite, avec des rendements obligataires négatifs à 10 ans qui flanchent de jour en jour et vont de record à la baisse en record à la baisse, notamment en Allemagne.

L’arrivée des États-Unis serait un tournant sur le marché des emprunts à très long terme, fréquenté jusqu’ici par des pays de moindre envergure économique. L’Autriche, l’Argentine, le Mexique, la Belgique et l’Irlande ont par exemple déjà émis des emprunts centenaires.