Le gouvernement du Québec veut être tenu au courant des plans de Bombardier et sera prêt à travailler avec elle si son aide est nécessaire, notamment dans le cas du programme CRJ, a indiqué le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, après avoir rencontré le PDG Alain Bellemare, vendredi matin.

Mis à jour le 16 nov. 2018
JEAN-FRANÇOIS CODÈRE LA PRESSE

Selon M. Fitzgibbon, la rencontre lui a d'abord permis d'obtenir à nouveau la confirmation de l'engagement de Bombardier à travailler avec d'autres acteurs du secteur aéronautique pour replacer les 2500 employés qu'elle pourrait mettre à pied d'ici 12 à 18 mois. M. Bellemare est lui-même entré en contact avec certaines entreprises, a affirmé le ministre.

L'autre objectif était de connaître les plans de Bombardier pour l'avenir, notamment en ce qui a trait à l'assemblage des avions régionaux CRJ et l'usine de fabrication de trains de La Pocatière.

M. Fitzgibbon s'est dit rassuré d'entendre que Bombardier travaillait « très fort » à trouver des contrats dans les deux cas.

Il dit par ailleurs avoir indiqué à Bombardier que son gouvernement n'était pas fermé à l'idée d'investir dans un partenariat, du genre qui a permis de maintenir en vie la C Series, si ça devait être le cas pour le CRJ. Il n'y a toutefois pas de plan immédiat en ce sens, a-t-il précisé.

Bellemare n'a pas demandé d'aide

Le patron de Bombardier affirme qu'il n'a pas demandé d'aide financière au ministre de l'Économie, lors de leur rencontre de vendredi, mais il laisse entendre que le programme de jets régionaux aurait malgré tout besoin d'un « soutien additionnel ».

En entrevue avec La Presse canadienne, vendredi après-midi, Alain Bellemare a déclaré qu'il n'était pas prêt à se prononcer sur une éventuelle aide financière du gouvernement pour le programme de jets en difficulté.

« Je n'en suis pas là. En ce moment, je ne vois pas cela. Mais je ne veux pas dire quelque chose aujourd'hui et que, dans quelques mois de cela, dans deux mois de cela, ce soit différent », a-t-il indiqué.

« Mon objectif, c'est de sauver le programme en allant chercher des commandes et en réduisant les coûts d'opération », a ajouté le PDG.

Lorsque le ministre lui a demandé si l'entreprise avait besoin d'un coup de pouce additionnel, M. Bellemare dit avoir attiré son attention sur le programme de jets régionaux. Mais il a répété que l'entreprise n'en était « pas là du tout » pour le moment.

« On se concentre à rebâtir notre carnet de commandes, à vendre des jets », a-t-il insisté.

- Avec La Presse canadienne