L'inflation annuelle au Canada est restée stable le mois dernier, à 1,5%, grâce à un ralentissement de la hausse des prix des aliments achetés en magasins, a indiqué vendredi Statistique Canada.

Mis à jour le 22 juill. 2016
Andy Blatchford AGENCE FRANCE-PRESSE

Et pour un deuxième mois de suite, l'inflation annuelle de base - qui exclut certains produits dont les prix sont plus volatils, comme l'essence - est aussi restée stable à 2,1%.

Cependant, certains détails enfouis plus profondément dans le rapport de l'agence fédérale ont retenu l'attention de plusieurs analystes.

Par exemple, Statistique Canada a noté que la baisse des prix de l'essence avait aidé à contrebalancer la hausse des coûts des véhicules automobiles, de l'électricité et des voyages par avion.

Les prix liés aux logements et aux ménages, comme ceux des meubles et des appareils électroménagers, ont enregistré les plus fortes hausses des grandes catégories de l'indice des prix à la consommation.

Mais c'est le ralentissement des hausses de prix des aliments vendus en épicerie, attendu depuis longtemps, qui a vraisemblablement apporté le plus grand soulagement aux consommateurs.

Frances Donald, économiste principale chez Gestion d'actifs Manuvie, a noté que sauf pour les mois de mai et de juin, l'inflation annuelle pour les aliments avait été de plus de 3% pendant 18 mois. La croissance des prix des aliments, a-t-elle poursuivi, était essentiellement une conséquence de l'affaiblissement du taux de change et d'autres facteurs internationaux.

En juin, l'inflation pour les aliments a été plus faible, à 1,3%.

«Cela a été un important vent contraire pour les consommateurs canadiens pendant un an et demi, et maintenant, (il) se dissipe», a expliqué Mme Donald lors d'un entretien. «C'est particulièrement important pour les consommateurs canadiens à faibles revenus, qui consacrent une grande partie de leurs revenus à l'alimentation.»

Cependant, elle a noté que les augmentations de prix des aliments accumulées au cours des mois précédents ne s'étaient pas amoindries.

Malgré tout, les données dévoilées vendredi ont fait état de plusieurs importantes hausses de prix pour plusieurs produits alimentaires. Les consommateurs ont payé 19,7% de plus, le mois dernier, pour les pommes, 7,4% de plus pour les poissons frais ou surgelés, et 5,5% de plus pour la laitue.

En comparaison, les prix de la crème glacée ont diminué de 4,8%, ceux des fromages ont cédé 4,5 % et ceux de la viande fraîche ou surgelée ont reculé de 3,3%.

La pression à la baisse sur l'inflation d'ensemble, a précisé Statistique Canada, a été attribuable aux plus faibles prix du mazout, du gaz naturel et de l'essence par rapport à l'an dernier.

En excluant l'essence, l'inflation d'ensemble se serait établie à 1,9 % en juin, a indiqué l'agence fédérale.

«Si on regarde les chiffres des manchettes, l'inflation est à 1,5%. C'est raisonnablement faible, limité par les plus faibles prix de l'essence», a noté Leslie Preston, économiste principale pour le service d'études économiques de la Banque TD.

«Mais si on creuse un peu, on y trouve des tendances intéressantes.»

Selon Mme Preston, la vigueur soutenue des prix liés au logement a été une source clé d'inflation dans la dernière année.

La lecture de l'inflation d'ensemble pour le mois de juin était près de la prévision moyenne des économistes, qui visaient une inflation de 1,4%, selon Thomson Reuters.

Du côté des provinces, la plus forte inflation a été observée à Terre-Neuve-et-Labrador, où elle s'est établie à 2,4%. Elle était de 1,5% le mois précédent. Cet écart était essentiellement attribuable à une hausse des prix de l'essence à la pompe, a expliqué Statistique Canada.

Au Québec, les prix à la consommation ont affiché une croissance annuelle de 0,6 % en juin, ce qui constituait leur plus faible progression d'une année à l'autre depuis février 2014.

Par ailleurs, Statistique Canada a dévoilé vendredi ses plus récentes données sur les ventes des détaillants, qui ont progressé de 0,2% en mai, comparativement au mois précédent, pour s'établir près de 44,3 milliards $. La croissance des ventes d'avril a quant à elle été révisée à 0,8%.

Mme Donald a souligné que les ventes avaient été particulièrement solides au premier trimestre de 2016 et que le deuxième trimestre semblait plus faible en comparaison, ce qui limitera probablement la croissance économique.

Mais selon elle, la tendance plus large de la consommation canadienne et des ventes au détail est une «nouvelle accélération significative», des dépenses des consommateurs en 2016 par rapport à 2015. En plus, la plupart des tendances à long terme suggèrent que la résilience des consommateurs va se poursuivre en 2017.