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Valeant de nouveau éprouvée

Nouveau coup dur pour Valeant. Durement éprouvée en 2015, la multinationale... (Photo Reuters)

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Paul Durivage
La Presse

Nouveau coup dur pour Valeant. Durement éprouvée en 2015, la multinationale pharmaceutique a annoncé hier le remplacement de son président directeur général, Michael Pearson - en congé de maladie pour une durée indéterminée - par un comité interne.

Michael Pearson, qui est l'artisan de l'ascension fulgurante de Valeant ces huit dernières années, a été hospitalisé en raison d'une «pneumonie sévère» le week-end dernier. Ses responsabilités sont assumées dans l'intérim par le directeur juridique Robert Chai-Onn, le directeur financier Robert Rosiello et le docteur Ari Kellen. Le triumvirat est secondé par un comité spécial composé de trois membres, dont l'administrateur indépendant Robert Ingram.

«Le comité travaillera en étroite collaboration avec l'équipe de direction pour assurer que l'entreprise continue à fonctionner normalement, tandis que Mike se concentre sur sa santé», écrit monsieur Ingram dans un communiqué. Le groupe n'en dira pas davantage sur l'état de santé de l'homme d'affaires de 56 ans, à la demande de sa famille qui revendique le respect de la vie privée, prévient-il.

Réactions glaciales

La nouvelle a été mal accueillie sur le marché boursier, hier. Le titre a culbuté de 10,5% à 102,14$US pièce, à la Bourse de New York. La Bourse de Toronto était fermée pour le congé bancaire d'après Noël.

«Si l'entreprise continue sur le même chemin, ils ont besoin de Mike Pearson», disait Dimitry Khmelnitsky, analyste avec Veritas Investment Research, en entrevue à l'agence Bloomberg le week-end dernier. «Quand vous avez une entreprise qui a des procédures de gestion combatives, vous avez besoin de quelqu'un qui est un libre penseur et qui est enclin à prendre des risques substantiels.»

«Le moment est inopportun pour leur chef de tomber malade alors que l'entreprise fait face à des problèmes de crédibilité ces derniers mois, a ajouté l'analyste Damien Conover de Morningstar. Si l'entreprise avait des assises solides, on n'en ferait pas tant une histoire.»

«La direction générale de Valeant a été relativement instable. C'est pourquoi la liste des successeurs possibles de Pearson est très courte», a commenté pour sa part Irina Koffler, dans une note aux clients de Mizuho Securities USA, hier matin.

Annus horribilis

Michael Pearson, aux commandes depuis 2008, a fait de Valeant un géant mondial du secteur en multipliant les acquisitions d'entreprises possédant des médicaments déjà en marché plutôt que d'investir en recherche pour tenter d'en découvrir de nouveaux. Après avoir réalisé sa promesse de faire de son entreprise l'un des 15 plus grands groupes pharmaceutiques du monde, il vise depuis deux ans à l'inscrire dans le top 5 mondial.

L'enthousiasme du PDG a toutefois été refroidi par une série de déboires. Le groupe pharmaceutique, qui avait vu une croissance boursière soutenue de 62% par année en moyenne ces six dernières années, s'enligne pour une perte de valeur de plus de 20% pour 2015.

Valeant avait ainsi dû couper fin octobre ses liens avec le distributeur américain de médicaments Philidor, à l'origine des soupçons de ventes virtuelles. Il y a deux semaines, le groupe établi officiellement à Laval a aussi revu à la baisse ses prévisions financières pour le quatrième trimestre.

Au cours d'une présentation à la communauté financière, Pearson s'était par ailleurs engagé personnellement à être plus transparent concernant les affaires de Valeant, notamment pour les ventes de ses 30 produits-vedettes. «Si le conseil d'administration veut me congédier, qu'il le fasse, mais en attendant, nous allons traverser [cette crise]», avait-il lancé.

- Avec PC et Reuters




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