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InterCore doit 12 millions à ses créanciers

Les employés de Recherches InterCore Canada ont vu des huissiers... (PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE)

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Les employés de Recherches InterCore Canada ont vu des huissiers envahir leurs bureaux le 2 avril dernier, ordonnant à tout le monde de quitter les lieux sur-le-champ.

PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE

(Montréal) Recherches InterCore Canada (RIC), qui a cessé brusquement ses activités il y a 10 jours, doit au moins 12 millions de dollars à ses créanciers. La firme de Griffintown leur fera bientôt une proposition et tentera de relancer ses activités en version allégée, a appris La Presse Affaires.

Cette filiale du groupe floridien InterCore s'est fait connaître pour avoir développé un détecteur de sommeil au volant. Ses employés ont eu toute une surprise en voyant des huissiers envahir leurs bureaux le 2 avril dernier, ordonnant à tout le monde de quitter les lieux sur-le-champ.

Malgré cette fermeture qualifiée de «sauvage» par plusieurs ex-travailleurs, les actionnaires de RIC croient à une relance. «Ce qu'ils ont en tête, c'est vraiment la restructuration de l'entreprise et la poursuite des opérations, a indiqué hier Martin Rosenthal, premier vice-président d'EY, le syndic dans ce dossier. C'est sûr qu'ils vont couper dans les dépenses et le nombre d'employés, mais pour eux, ils voient une possibilité d'avoir une entité viable.»

Les principaux créanciers recevront sous peu un avis émis en vertu de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité. RIC - appelée jusqu'à récemment SRG International - bénéficiera d'au moins 30 jours pour leur formuler une proposition de règlement.

Investisseurs discrets

Parmi les plus importants créanciers, on compte trois discrètes firmes d'investissement américaines, qui ont toutes leur adresse dans la même boîte postale de Rosenberg, au Texas. RIC doit 4,6 millions à Rhines Partners, 3,2 millions à Topside Partners et 1,4 million à Sussex Associates.

Au moins deux de ces firmes ont accepté d'investir dans InterCore moyennant un taux d'intérêt annuel de 18%, révèlent des documents officiels de la Securities and Exchange Commission (SEC), qui régule les marchés financiers américains. Il a été impossible de joindre les représentants de ces créancières, qui n'ont aucun site web.

Le président de RIC, Claude Brun, figure aussi parmi les créanciers (78 623$), tout comme Raphaël Huppé, considéré comme la véritable tête dirigeante de l'entreprise (170 000$). Ce dernier a déjà été accusé de fraude, vol, recel et placement illégal par la Gendarmerie royale du Canada et l'Autorité des marchés financiers, puis condamné par la Cour du Québec.

Raphaël Huppé a fait l'objet de neuf nouveaux chefs d'accusation ce printemps: trois pour non-respect de conditions, trois pour fraude, un pour faux prospectus, un pour vol et un autre pour recel. Il a été incarcéré et relâché au début d'avril.

Le plus récent dossier impliquant Raphaël Huppé est touché d'une ordonnance de non-publication, a affirmé hier son avocate, Danièle Roy. En conséquence, il a été impossible de lui parler hier.

RIC doit par ailleurs 2,3 millions à la société mère InterCore, établie à Delray, en Floride. La porte-parole Karyn Byrne a confirmé hier les difficultés financières du groupe, ajoutant qu'InterCore «a toutes les intentions de poursuivre ses activités à Montréal dans un avenir prévisible».

Selon le rapport trimestriel déposé le 21 janvier auprès de la SEC, InterCore dispose de liquidités d'à peine 128 000$. L'entreprise souligne que ses ressources financières sont «insuffisantes pour poursuivre ses activités». Le déficit accumulé dépassait les 24 millions au 30 septembre dernier, ajoute-t-on.

Karyn Byrne soutient que la société continue de travailler au développement de son appareil-phare, appelé Driver Alertness Detection System (DADS). Une demi-douzaine de personnes seraient toujours attelées à ce projet à Montréal, pendant que EY poursuit son analyse des finances de l'entreprise.




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