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Les marchés attendent le Québec

Le nouveau ministre des Finances du québec, Carlos... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne)

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Le nouveau ministre des Finances du québec, Carlos Leitao, lors de son assermentation le 23 avril 2014.

Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne

Rudy Le Cours
La Presse

Le Québec ne s'est pas présenté sur les marchés d'emprunts depuis le 5 février. Cette trêve pourrait bien se poursuivre d'ici la présentation du budget par le nouveau ministre des Finances, Carlos Leitao.

Jeudi, en point de presse impromptu lors de la première réunion du Conseil des ministres du gouvernement Couillard, M. Leitao a indiqué sa volonté de faire le point sur les revenus et les dépenses pour l'exercice en cours durant la première semaine de juin.

Si Québec optait pour ne pas emprunter d'ici là, comme le veut l'usage, mais non la loi, cela signifierait une absence de quatre mois sur le marché des émissions obligataires.

Il s'agit d'une période plutôt longue qui rappelle un peu 2012. Durant le printemps érable, marqué par des turbulences sociales et un élargissement des écarts de taux entre les obligations du Québec et celles de l'Ontario, le ministère des Finances avait choisi de rester en touche. Puis, ce fut la campagne électorale, qui s'est soldée par la formation d'un gouvernement minoritaire en septembre et la présentation d'un budget en novembre. Durant tout ce temps, Québec est demeuré en touche.

La province avait néanmoins réussi à compléter son programme d'emprunts et même à lever quelques milliards en préfinancement pour l'exercice 2013-2014.

Pour l'exercice en cours, Québec a déjà amassé 4,4 milliards en préfinancement. Selon le plan budgétaire de l'ex-ministre des Finances, Nicolas Marceau, il resterait 15,4 milliards encore à emprunter.

Ce sera sans doute davantage, toutefois.

D'abord, le déficit de 2,5 milliards prévu en novembre dernier pour 2013-2014 a vraisemblablement été dépassé d'environ trois quarts de milliard, comme La Presse l'a suggéré dès le début de février.

Ensuite, il n'est pas acquis que celui prévu à 1,75 milliard pour l'année en cours demeure à cette cible. Le cadre financier du Parti libéral présenté durant la campagne électorale prévoyait le ramener à 1,4 milliard. M. Leitao s'est toutefois inquiété, la semaine dernière, de la faiblesse des recettes fiscales au chapitre de l'impôt sur le revenu des sociétés, une carence observée depuis un an déjà.

Enfin, le programme électoral de l'équipe libérale prévoyait des emprunts destinés à la remise en état des infrastructures majorés de 1,5 milliard par an par rapport au budget Marceau.

Reste à voir si ce nouveau gonflement de la dette sera jugé acceptable par les agences de notation. Déjà, Fitch Rating avait mis la cote de crédit du Québec sous surveillance à la suite de la mise à jour de novembre qui retardait de deux ans l'atteinte de l'équilibre budgétaire.

M. Leitao a même ouvert la porte jeudi au report d'une autre année du retour à l'équilibre.

Cela dit, quand Québec se décidera à reprendre ses emprunts, que ce soit avant ou après le budget, il bénéficiera de conditions plus favorables.

Les écarts de taux entre les obligations du Québec et celles de l'Ontario s'étaient élargis durant l'hiver, surtout quand les sondages plaçaient les péquistes en avance. Le point culminant avait été l'annonce de la candidature de Pierre Karl Péladeau. Pour une échéance de 30 ans, il avait grimpé jusqu'à 18 centièmes. Ces jours-ci, il oscille sous la barre des 10 centièmes.

Ce rapprochement n'est pas uniquement le fait de la victoire des libéraux. Il est aussi dû aux difficultés des libéraux minoritaires de Kathleen Wynne, dont les coûts d'emprunt augmentent. C'est seulement jeudi que son ministre des Finances, Charles Sousa, va présenter son budget, après maintes consultations dans l'espoir de le faire adopter. Cela paraît peu probable, tant est élevé le niveau d'insatisfaction des Ontariens.

L'Ontario ne prévoit pas de retour à l'équilibre avant 2017-2018, une cible jugée de plus en plus optimiste.

L'Ontario aussi est absent des marchés d'emprunts depuis quelques semaines. (Cela ne l'a pas empêché d'émettre pour 3,3 milliards de dette depuis le dernier emprunt du Québec.)

Bref, les prêteurs se disputent les nouvelles émissions, en l'absence des deux principaux émetteurs provinciaux.

Cela attise la demande.

Quand Québec s'adressera à ses prêteurs, avant l'Ontario si nos voisins doivent aller voter, il sera bien accueilli, surtout si on sera parvenu à les rassurer.

C'est ce à quoi s'attellera aussi M. Leitao d'ici là...




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