Microsoft a déçu le marché jeudi avec des bénéfices annuels qui ont largement pâti d'une lourde charge de dépréciation liée à sa tablette Surface, tandis que les ventes de PC continuent à dégringoler.

Veronique DUPONT AGENCE FRANCE-PRESSE

Sur l'ensemble de l'exercice décalé 2012/2013, le bénéfice ressort à 21,9 milliards de dollars, en hausse de 29%. Cela représente 2,61$ par action alors que les analystes tablaient sur 2,75$.

Le chiffre d'affaires annuel du groupe de Redmond a progressé de 5,3% à 77,8 milliards, bien moins qu'attendu.

L'action chutait de près de 7% à 33,08$ lors des échanges électroniques suivant la clôture de la séance officielle. Les analystes de la banque Citigroup parlaient dans une note des résultats «les moins reluisants qu'on ait en mémoire» à cause d'«une hausse des dépenses et de recettes en demi-teinte».

Au quatrième trimestre, le groupe est repassé dans le vert avec un bénéfice net de 5 milliards, soit 52 cents hors éléments exceptionnels. Les analystes espéraient bien plus: 75 cents.

Au quatrième trimestre 2012, Microsoft avait enregistré une perte à cause d'une énorme charge de 6,2 milliards dépréciant de la totalité de sa valeur d'acquisition sa division de services et publicité en ligne.

Le chiffre d'affaires du quatrième trimestre 2013 a augmenté de 10,6% à 19,9 milliards, également très inférieur aux prévisions de Wall Street.

Microsoft a notamment annoncé lundi une baisse de 30% du prix de base de la Surface RT, la moins chère de ses tablettes, à 349$, en réaction à des chiffres de ventes médiocres.

La transition vers le mobile «prend du temps»

Cette réduction s'est traduite par une charge de dépréciation de 900 millions pour réévaluer la valeur du stock des Surface RT, a expliqué la directrice financière Amy Hood lors d'une conférence d'analystes.

Microsoft a lancé sa tablette l'an dernier, mais une récente étude de la firme IDC a estimé que le géant informatique n'en avait vendu que 900 000 durant le premier trimestre 2013, sur un marché global de 49 millions d'unités.

En outre, les résultats du quatrième trimestre «pâtissent du recul des ventes de PC», a noté le groupe, alors que les consommateurs se tournent de plus en plus vers les appareils mobiles à écran tactile.

«Nous continuons à faire évoluer Windows vers cette nouvelle ère» mais cela «prend du temps», a assuré Amy Hood.

La division Windows a vu son bénéfice reculer de 5% au quatrième trimestre à cause d'un plongeon «de plus de 20% des ventes de PC pour les consommateurs». Les dirigeants du groupe s'attendent à ce que les revenus de Windows continuent à pâtir de ce déclin.

Microsoft continue toutefois «à voir une forte demande pour les produits d'entreprise et d'informatique dématérialisée», ajoute le communiqué.

«Nous savons que nous devons faire mieux et c'est pour cela que nous avons annoncé des changements stratégiques et organisationnels la semaine dernière», a fait valoir Amy Hood.

Microsoft a annoncé jeudi dernier une refonte de son organisation.

Il comptait jusqu'ici une série de divisions structurées autour de ses produits (le système d'exploitation Windows, la suite de bureautique Office, le moteur de recherche Bing, la console de jeux vidéo Xbox...), avec chacune ses équipes d'ingénierie, de marketing, de finance... Il va dorénavant adopter une organisation plus transversale avec des divisions uniques de finance, marketing ou ingénierie pour tout le groupe, et quatre grandes catégories regroupant tous ses produits.

La division de produits pour les entreprises a vu son bénéfice augmenter de 14% au quatrième trimestre et de 3% sur l'ensemble de l'exercice.

Celle de serveurs a enregistré une progression de 9% au quatrième trimestre et sur l'année et celle de services en ligne de 9% au quatrième trimestre et de 12% sur l'année, tirée par le moteur de recherche Bing.

Enfin la division appareils et divertissement a enregistré une progression de 8% sur le trimestre et de 6% sur l'année grâce notamment à un bond de près de 20% des transactions générées sur la Xbox Live.

Amy Hood a fait valoir que la demande de produits d'informatique dématérialisée (cloud) «accélérait» et que Microsoft allait augmenter ses dépenses d'investissements dans ce domaine.