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Analyse: la Fed devra préciser ses intentions

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Ben Bernanke

Rudy Le Cours
La Presse

Depuis la conférence de presse du 20 avril du président de la Réserve fédérale américaine, Ben S. Bernanke, la spéculation va bon train sur le début de la réduction de la troisième ronde de détente quantitative (DQ3), son rythme, voire la date de la première augmentation du taux directeur.

En avril, les marchés évaluaient à une chance sur cinq que la Fed augmente son taux directeur de 25 centièmes d'ici la fin de 2014. C'est maintenant tout près d'une chance sur deux.

Le taux cible oscille, quant à lui, dans une fourchette de 0 à 0,25% depuis décembre 2008. Selon le vote d'avril, 13 des 19 membres du Comité de politique monétaire de la Fed estimaient qu'un premier tour de vis ne surviendrait pas avant 2015, un allant même jusqu'à le repousser à 2016. On verra mercredi s'ils pensent toujours ainsi.

Avant de procéder à un premier resserrement, la Fed devra d'abord cesser de gonfler son bilan. Depuis 2008, elle a injecté 2500 milliards dans l'économie, somme qui va approcher les 3000 milliards avant que ne prenne fin la DQ3.

C'est d'ailleurs le rythme de diminution de la DQ3 qui anime la spéculation. Depuis le début de l'année, la Fed achète chaque mois pour 45 milliards de bons du Trésor de longue échéance et 40 milliards de créances adossées à des actifs hypothécaires émises par les garants de prêts Freddie Mac, Fannie Mae et Ginnie Mae, tous sous tutelle depuis 2008.

La Fed n'a pas fixé d'échéancier pour la fin de la DQ3. Elle a toutefois indiqué qu'elle pourrait diminuer ou augmenter son rythme d'achat selon les progrès de la croissance. Nombreux sont ceux qui prédisent qu'une première diminution de 10 à 15 milliards par mois pourrait survenir dès l'automne.

C'est ce qui explique la hausse des taux d'intérêt sur les obligations du Trésor de longue échéance. Moins la Fed sera acheteuse, plus le secteur privé devra en absorber, ce qui poussera les taux à la hausse. Les investisseurs ont déjà commencé à parer à cette éventualité. Aux alentours de 2,15% ces jours-ci, les taux pour l'échéance de 10 ans sont en hausse de plus d'un demi-point de pourcentage depuis un an.

Dans le processus de désengagement, la Fed devra procéder avec beaucoup de transparence: l'augmentation des taux des obligations du Trésor se répercutera sur l'ensemble des coûts d'emprunt, tant pour les ménages, les entreprises et les instances gouvernementales. Elle pousse aussi le taux des obligations canadiennes.

Une augmentation trop rapide pourrait geler le crédit à nouveau, compromettre la croissance davantage que les coupes budgétaires fédérales automatiques entrées en vigueur le 1er avril et générer une poussée inflationniste.

De l'avis de beaucoup d'experts, la façon dont la Fed réussira son retour à une politique monétaire conventionnelle représente le risque interne le plus élevé que court l'économie américaine.

Selon Francis Fong, économiste chez TD, la Fed procédera en cinq étapes dont chacune devra avoir été bien expliquée et comprise.

Elle diminuera d'abord le rythme de ses achats. Cela pourrait se faire dès l'automne et se dérouler en deux ou trois phases avant l'arrêt de la DQ3.

Elle poursuivrait ensuite le réinvestissement du principal et des intérêts des titres arrivés à échéance qu'elle détient afin de ne pas diminuer la taille de son bilan.

Puis, elle pourrait commencer à ne plus réinvestir ses titres venus à échéance. Cette étape durera très longtemps puisque le gros de son portefeuille est constitué de titres venant à échéance au-delà de 2020.

La Fed n'attendra pas aussi longtemps avant de commencer à relever son taux directeur. Ce devrait être durant 2015, si la croissance est suffisamment forte pour que le taux de chômage se stabilise sous les 6,5%. Le mois dernier, il était plutôt de 7,6%.

En avril, la Fed prévoyait un rythme d'expansion de 2,3 à 2,8%, cette année. Au premier trimestre, le rythme annualisé de croissance a été de 2,4%.

On s'attend à ce que celui du deuxième trimestre soit légèrement sous les 2%, car les indicateurs sont divergents. Si le consommateur est plus résilient que prévu, si les entreprises embauchent et si le marché de l'habitation retrouve une certaine vigueur, le ralentissement de l'activité manufacturière inquiète beaucoup.

Ce ne sera pas facile dans les circonstances pour la Fed d'expliquer la suite des choses.




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