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Vers des coûts d'emprunt plus élevés

Rudy Le Cours
La Presse

(Montréal) Le raffermissement de la croissance canadienne au premier trimestre ainsi que les sommets répétés des grands indices boursiers américains cette année amènent nombre d'investisseurs à délaisser quelque peu les marchés obligataires.

En mars, les étrangers ont continué d'acheter des obligations canadiennes, mais à un rythme moins élevé que l'an dernier, indiquait hier Statistique Canada.

«Les étrangers semblent perdre leur engouement pour les actifs canadiens, juge d'ailleurs Charles St-Arnaud, économiste chez Nomura Global Economics. Le ralentissement du rythme d'accumulation des obligations canadiennes suggère que les investisseurs étrangers ne veulent plus autant s'exposer aux taux canadiens.»

À court terme, cela peut affaiblir quelque peu le huard face au billet vert qui se renforce ces jours-ci contre la plupart des devises.

C'est peut-être surtout le reflet que l'ensemble du marché obligataire nord-américain est quelque peu délaissé. Hier, Bill Gross, coprésident de Pimco, qui gère des actifs de 192,9 milliards, principalement obligataires, a indiqué à l'agence Bloomberg que le rallye de 30 ans du marché obligataire tirait à sa fin.

À son avis, le point d'inflexion des taux obligataires américains a sans doute été atteint à la fin d'avril. Malgré la baisse des taux observée hier, le taux des obligations américaines de 10 ans est en hausse de 14 centièmes depuis un mois, celui des 30 ans, de 17 centièmes.

Les taux canadiens des échéances de 10 ans épousent de près l'évolution des taux américains, mais les 30 ans restent nettement plus faibles tout en s'appréciant quelque peu.

Selon M. Gross, les taux vont augmenter très lentement jusqu'à ce que la Réserve fédérale américaine annonce qu'elle ralentit le rythme de ses achats de créances hypothécaires et d'obligations à long terme du Trésor américain. Elle en acquiert au rythme de 85 milliards par mois, depuis janvier.

Bon nombre d'économistes s'attendent à ce qu'une première diminution survienne l'automne prochain. Ce sera le signal d'une remontée progressive, mais soutenue des taux obligataires à long terme et des coûts d'emprunt des États-Unis, du Canada, de ses provinces et des entreprises.

Des signes de ce changement sont déjà observables. Mercredi, le Québec a émis avec succès une tranche de 500 millions de dollars d'obligations venant à terme en 2023. Il a dû consentir un taux de 2,873%. Le 2 mai, il avait aussi vendu une tranche de 500 millions qui lui coûtera 2,724%, un écart de 14,9 centièmes.

Si l'émission de mercredi lui coûte plus cher, ce n'est pas parce que les investisseurs ont boudé l'enchère. Selon Jean-François Godin, vice-président et analyste principal marché chez Desjardins marchés des capitaux, il y a eu une «très forte demande, les titres se sont rapidement envolés».

À preuve, l'écart entre ces obligations et celles du Canada était de 95,5 centièmes, comparativment à 104,5 centièmes le 2 mai; une différence de 9 centièmes.

L'explication est ailleurs. Le taux des obligations canadiennes qui sert de référence est passé de 1,679% à 1,918% entre le 2 et le 15 mai.

Québec pourra encore renouveler sa dette à meilleur compte, mais l'avantage va aller en rétrécissant. Heureusement, en octobre, une émission de 2,15 milliards lancée en 2003 vient à échéance.

Le coupon était de 5,25%.

À moins d'un choc improbable, le renouvellement de cette dette pourra se faire à un taux plus avantageux qu'en 2003, mais peut-être moins que ce mois-ci.




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