Astral Radio a récemment regroupé ses cinq stations montréalaises à la même adresse et, qui plus est, dans des locaux entièrement rénovés. L'entreprise de radiodiffusion soulignait ce déménagement de plus de 6 millions de dollars, jeudi dernier, en compagnie de 250 annonceurs, partenaires d'affaires et animateurs.

Mis à jour le 26 nov. 2012
Isabelle Massé LA PRESSE

Depuis septembre, les Terry Di Monte, Grandes Gueules, Pierre Pagé, Tootall et Marina Orsini, de CHOM-FM, Rouge fm, NRJ, Virgin Radio et CJAD, travaillent désormais tous au 1717, boulevard René-Lévesque Est.

«C'est unique au Canada d'avoir cinq studios sous un même toit, affirme Charles Benoît, premier vice-président d'Astral Radio. Et ça a du sens qu'on soit tous au même endroit.»

Pour une question d'économie d'échelle? «Parce que les studios de la rue du Fort, où étaient CHOM, Virgin et CJAD, étaient vétustes, répond Charles Benoît. Il y a eu synergie au niveau de la direction générale. Martin Spalding est devenu vice-président directeur général des cinq stations. Autrement, on ne peut avoir d'économie d'échelle. Car en production, on fait face à toutes les subtilités des langues française et anglaise, notamment. Nous avons donc besoin d'équipes distinctes.»

N'empêche, avec la rénovation des cinq étages des bureaux d'Astral Radio et l'investissement dans de nouveaux équipements techniques est apparue une petite salle de nouvelles bilingue. «J'appréhendais le choc des cultures, avoue Charles Benoît. De passer des studios de la rue du Fort à ici représentait un défi particulier. Je croyais que ça allait faire deux clans. J'ai quand même fait valoir aux employés des stations anglophones qu'ils allaient se retrouver dans la cité des ondes, près de CTV, CBC et Global.

«Il y a des différences culturelles, ajoute M. Benoît. Les Québécois francophones sont très émotifs et colorés, les Québécois anglophones sont plus modérés et cartésiens. Je suis curieux de voir la culture qui va émerger de cette union.»

De 175, Astral Radio compte maintenant 350 employés à l'angle du boulevard René-Lévesque et de la rue Papineau. «Le plus gros problème qu'on a eu, avec ce déménagement, c'est le stationnement!» note Charles Benoît.

La réunion de ce qu'on appelle désormais, à l'interne, Radio 5, aura éventuellement un impact pour les annonceurs et partenaires promotionnels, croit la direction. Astral Radio compte miser sur sa portée combinée de 3 149 000 auditeurs pour séduire de plus belle les annonceurs et les artistes qui peuvent se faire entendre sur plusieurs stations au cours d'une seule visite. «On a encore beaucoup de travail à faire pour convaincre nos clients qu'on rejoint un vaste auditoire francophone, admet toutefois Charles Benoît. D'un point de vue réglementaire, nous avons deux marchés distinctifs, francophone et anglophone, comme à Ottawa. Mais on ne peut plus ignorer l'écoute des francophones sur les stations anglophones.»

«Un vendeur représente nos cinq stations, mais il faut faire de la pression sur l'industrie, poursuit Mario Cecchini, vice-président principal, ventes et marketing d'Astral Radio. Il y a une éducation à faire. En réalité, les auditeurs sont bilingues, mais les annonceurs veulent encore garder séparés les deux marchés.»

Entre-temps, on mise sur les nouvelles plateformes pour faire croître l'entreprise. «Le marché canadien de la radio stagne, note Charles Benoît. Il faut absolument développer de nouvelles sources de revenus, sur la mobilité. À Montréal, 10% à 15% des heures d'écoute de NRJ et Rouge fm, proviennent des applications. Récemment, je suis allé à Londres pour constater que l'écoute mobile avait dépassé l'écoute traditionnelle sur Absolute Radio. Pour l'instant, les tarifs des télécommunications ici sont un frein à une telle expansion.»