L'action de Research In Motion (T.RIM) a plongé à son niveau le plus bas depuis des années, vendredi, au lendemain de la publication de résultats financiers décevants pour le premier trimestre.

AGENCE FRANCE-PRESSE

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En fin de journée, le titre valait 27,24 $ à la Bourse de Toronto. C'est 7,13 $ ou 20,74 % de moins qu'à la clôture, jeudi.

L'action du fabricant des téléphones Blackberry ne s'était pas transigée sous les 30 $ depuis le mois d'août 2006.

L'entreprise semble être devenue la victime des mauvais calculs de dates de lancement de ses nouveaux téléphones intelligents Blackberry, poussant les investisseurs à vendre leurs actions, en raison de craintes voulant que la compagnie ne soit plus compétitive contre les appareils iPhones et ceux qui utilisent la plateforme Android.

«Le principal problème de RIM est que la compagnie n'a pas de nouvel appareil à vendre», a déclaré Sascha Segan, analyste chez PC Magazine.

S'exprimant à partir de New York, l'analyste a indiqué que «le marché de la téléphonie cellulaire bouge tellement vite que les appareils lancés l'an dernier semblent déjà vieux».

De plus en plus d'analystes semblent douter de la capacité de RIM d'affronter la concurrence, tant dans le marché des téléphones intelligents que dans celui des tablettes.

Certains ont souligné que les ventes de Blackberry au premier trimestre avaient été inférieures aux prévisions.

L'entreprise a laissé savoir jeudi soir qu'elle prévoyait réduire son effectif et accélérer le lancement de nouveaux produits dans l'espoir de conserver sa place dans le coeur des consommateurs. L'ampleur de la réorganisation prévue n'a pas été dévoilée.

RIM a annoncé que des versions améliorées de ses téléphones Blackberry Bold et Blackberry Torch seraient disponibles à la fin de l'été, admettant que l'entreprise manquerait une bonne partie de la saison du retour à l'école. Une nouvelle génération d'appareils Blackberry, avec le même système d'exploitation que sa tablette PlayBook, ne sera pas disponible avant le début de l'an prochain.

«Je vois des gens qui évaluent cette entreprise comme dépassée, comme une compagnie qui ne peut pas concurrencer les derniers produits», a ajouté Sascha Segan.

La compagnie de Waterloo, en Ontario, a déjà prévu une baisse des profits pour cette année.

La sortie de sa tablette PlayBook, en avril, s'est effectuée sans fanfare et l'appareil n'a récolté que des critiques partagées, à la suite du très attendu iPad 2, d'Apple, qui s'est écoulé rapidement, et qui demeure l'un des gadgets technologiques les plus en demande sur le marché mondial.

Tim Long, analyste chez BMO Marchés des capitaux, a réduit ses attentes concernant les bénéfices de RIM, mais demeure malgré tout positif.

M. Long a déclaré que la transition de RIM vers de nouveaux produits avait un impact «plus marquant» que prévu, mais qu'il croyait que la compagnie avait encore de la valeur, particulièrement du côté des nouveaux produits.

Chez Cannacord Genuity, toutefois, le ton n'est pas le même. «Nous ne croyons pas que RIM représente efficacement l'environnement de plus en plus compétitif des téléphones intelligents», a indiqué l'analyste Michael Walkey.