Parfois, les consommateurs font de meilleures affaires que les commerçants, quand leur pouvoir d'achat augmente, à la faveur d'une détente des prix par exemple.

Mis à jour le 25 août 2010
Rudy Le Cours LA PRESSE













Voilà ce qui s'est produit en juin quand les ventes des détaillants ont progressé de 0,1% seulement tandis que les volumes de marchandises sorties de leurs magasins augmentaient de 0,9%.





Si on exclut les ventes de véhicules et de pièces, les autres commerçants accusent un recul de 0,5% de leur chiffre d'affaires.

Statistique Canada précise cependant que ce sont avant tout les ventes des stations-services qui ont le plus reculé en raison d'un troisième repli mensuel d'affilée des prix à la pompe qui faisait suite à onze mois de hausse. Bref, il en coûtait moins pour rouler ce printemps que cet hiver.

Si on exclut l'essence, la valeur des ventes des détaillants a plutôt augmenté de 0,4%.

Les prix des voitures neuves ont aussi diminué ce qui laisse croire que les show-rooms des concessionnaires ont été très fréquentés.

À vrai dire, les prix de l'ensemble des biens s'étaient repliés de 0,6% sur une base annuelle en juin, selon les données de l'indice des prix à la consommation. L'augmentation du coût de la vie était assurée uniquement par les services. «À première vue, les résultats du commerce de détail sont décevants, surtout si l'on considère l'évolution des ventes en excluant les produits automobiles, note Benoit P. Durocher, économiste senior chez Desjardins. Cela dit, l'essentiel de la faiblesse dans la valeur des ventes provient d'une réduction des prix.»

En juin, les consommateurs se seront montrés sélectifs et judicieux. La valeur des ventes a augmenté dans trois provinces seulement dont la Nouvelle-Écosse et l'Ontario, là où les clients ont sans doute devancé des achats pour éviter de payer la taxe de vente harmonisée, entrée en vigueur le 1er juillet en Ontario et en Colombie-Britannique ou majorée à cette même date en Nouvelle-Écosse.

Au Québec, les ventes des détaillants ont reculé pour le troisième mois d'affilée, de 0,2% cette fois-ci. Elles restent toutefois en hausse de 3,1% sur une base annuelle, contre 3,8% d'un océan à l'autre.

Les consommateurs ont profité des promotions des concessionnaires automobiles, meublé leur patio, mais surtout leur salle de récréation. On observe un bond de 5,1% du chiffre d'affaires des magasins d'appareils électroniques, un sommet mensuel en neuf ans. «À n'en pas douter, le lancement de la Coupe du monde a soulevé les ventes de grands écrans plats», suppute Douglas Porter, économiste en chef adjoint chez BMO marchés des capitaux.

Le consommateur va-t-il surtout songer dorénavant à payer ses factures avant d'en accumuler d'autres? Pas forcément, puisque le marché du travail reste sain et que la masse salariale totale a augmenté durant tout le printemps.

En outre, comme juin s'avère le meilleur mois du trimestre, il a donné un élan aux ventes en début d'été. «En l'absence de tout gain sur les trois prochains mois (juillet, août et septembre), les ventes au détail affichent déjà une progression trimestrielle de 2,7%», calcule Matthieu Arseneau, économiste à la Banque Nationale.