La Banque Royale (RBC) (RY-T) et le groupe pharmaceutique suisse Roche ont été désignés pires entreprises de l'année sur le plan écologique et social, ont annoncé mercredi les organisateurs du «Public Eye Awards».

AGENCE FRANCE-PRESSE

RBC a reçu des organisateurs, Greenpeace et la Déclaration de Berne, le prix mondial du jury «Global Award» pour son rôle «en tant que principal financier des producteurs de pétrole à partir des sables bitumineux», une activité de production d'hydrocarbures particulièrement polluante au Canada, lors de la 11e cérémonie de la remise des prix organisée en marge du Forum économique mondial (WEF) à Davos.

Le groupe helvétique Roche a quant à lui été doublement primé avec le prix suisse «Swiss Award» et le prix du public «People's Award», en raison de ses pratiques en Chine.

Selon les organisateurs du prix, qui veulent ainsi pousser les multinationales à respecter les responsabilités sociales et environnementales, Roche teste en Chine un médicament visant à prévenir le rejet d'organe après une greffe.

«Roche ne peut pas ou ne veut (...) pas confirmer la provenance des quelques 300 organes utilisés pour ses tests», ont affirmé les organisateurs, selon lesquels 90% des organes transplantés en Chine proviennent de prisonniers condamnés à mort.

Le laboratoire helvétique, contacté par l'AFP, a indiqué qu'il testait son médicament Cellcept sur des patients en Chine, mais qu'il n'avait pas le droit de connaître l'origine des organes, selon une porte-parole.

«Le problème (des exécutions) est connu depuis plusieurs années et nous travaillons à une amélioration de la situation», afin que les autorités chinoises se conforment aux normes internationales en matière de don d'organe, a précisé la porte-parole.

Greenpeace et la Déclaration de Berne ont par ailleurs remis le prix de l'environnement «Greenwash Award» à l'initiative de l'ONU sur le mandat des chefs d'entreprise pour l'eau. Cette initiative est destinée à prévenir une pénurie d'eau et implique des sociétés fortes utilisatrices d'eau et notamment le géant de l'alimentaire Nestlé, Coca Cola et le groupe chimique Dow Chemical.

Ces groupes ont rejoint cette initiative «en prétendant ainsi lutter contre la crise de l'eau», alors qu'elles poursuivent «sous le logo de l'ONU leur politique de privatisation de l'eau», ont précisé les organisateurs.