L'avocat d'une centaine d'actionnaires de la banque française Société Générale, victime d'une «fraude» de 4,9 milliards d'euros, vient de déposer une plainte auprès du procureur de Paris pour «manipulation de cours» et «délit d'initié».

Mis à jour le 28 janv. 2008

L'avocat d'une centaine d'actionnaires de la banque française Société Générale, victime d'une «fraude» de 4,9 milliards d'euros, vient de déposer une plainte auprès du procureur de Paris pour «manipulation de cours» et «délit d'initié».

Cette plainte ouverte pour «manipulation de cours et délit d'initié vise notamment l'administrateur de la Société Générale» qui a vendu 85,7 millions d'euros d'actions de la banque le 9 janvier, selon l'Autorité des marchés financiers (AMF), a précisé à l'AFP Me Frederik-Karel Canoy.

Robert A. Day, membre du conseil d'administration de la banque, a vendu sur le marché de la Bourse de Paris le 9 janvier pour 85,745 millions d'euros d'actions qu'il possédait, au prix de 95,27 euros par action, selon l'AMF.

Par ailleurs, deux fondations auxquelles il est «lié» selon l'AMF, la Robert A. Day Foundation et la Kelly Day Foundation, ont vendu respectivement le 10 janvier pour 8,63 millions d'euros et 959 066 euros d'actions.

Avec cette plainte, nous visons également «toute personne ayant directement ou indirectement bénéficié d'informations privilégiées», a ajouté l'avocat, à l'origine d'une première plainte pour «escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux et complicité, et recel» dès le début de l'affaire.

Me Canoy a précisé que parmi ses clients se trouvaient plusieurs actionnaires particuliers mais également des sociétés, des «personnes morales» qui ont acheté des actions.

Le trader Jérôme Kerviel, accusé par la Société générale d'être l'auteur de la «fraude», a été conduit lundi au pôle financier du Palais de Justice de Paris après avoir été interrogé pendant deux jours par les enquêteurs.