Les électeurs de l'Iowa choisissent leur candidat préféré, jeudi, en vue de l'élection présidentielle américaine de 2008. Afin de mieux saisir les impacts économiques, LaPresseAffaires.com présente un condensé d'une entrevue effectuée avec Donald Cuccioletta, spécialiste de la politique américaine.

Mis à jour le 3 janv. 2008
Olivier Bourque

Les électeurs de l'Iowa choisissent leur candidat préféré, jeudi, en vue de l'élection présidentielle américaine de 2008. Afin de mieux saisir les impacts économiques, LaPresseAffaires.com présente un condensé d'une entrevue effectuée avec Donald Cuccioletta, spécialiste de la politique américaine.

LaPresseAffaires.com: Vers qui les gens d'affaires vont se tourner à la prochaine présidentielle américaine?

Donald Cuccioletta: Depuis la venue de Bill Clinton, le parti démocrate est plutôt de centre-droit. Les gens de Wall Street ne fuient plus les démocrates. Avec la politique économique désastreuse de George W. Bush, la communauté d'affaires se posent de plus en plus de questions concernant les républicains.

LPA.com: Qui a avantage à parler d'économie lors de la prochaine élection?

DC: En fait, pour les républicains, c'est difficile. Ils ne peuvent pas faire référence à la politique économique de Bush qui est catastrophique. Ils sont obligés de créer leur propre vision. D'ailleurs, on peut voir que les républicains n'en parlent pas: Rudolph Giuliani parle du 11 septembre, John McCain, lui, aborde la guerre et du côté de Mike Huckabee, sa performance économique comme gouverneur de l'Arkansas semble mauvaise.

LPA.com: Est-ce que le bilan économique de Bush est si mauvais que ça?

DC: Absolument. Regardez seulement avec la crise du crédit. C'est un peu le rêve américain de la classe moyenne qui s'effrite. Le dollar américain est faible, même si cela donne plus de marge de manoeuvre dans certains secteurs aux États-Unis, c'est quand même difficile pour la symbolique américaine. La richesse ne se répand pas, la pauvreté a augmenté, la dette est énorme et le coût de l'éducation augmente. Bush a été incapable de régler ces problèmes lors de son mandat.

LPA.com: Donc, c'est plus facile pour les démocrates d'aborder les questions économiques?

DC: Oui, car ils n'ont pas le legs de Bush.

LPA.com: Qui des candidats démocrates est le plus à l'aise sur l'économie?

DC: Barack Obama me semble le moins préçis. Il a certes une image de changement, mais il ne semble pas capable de chiffrer ces changements. Du côté de Hillary Clinton, c'est plus clair. Elle est l'adepte de la politique des petits pas comme son mari. Elle a été huit ans à Washington et autant à New York, elle a ses entrées à Wall Street. Elle pourrait très bien faire une excellente pdg de son pays.

LPA.com: Et du côté républicain?

DC: Mike Huckabee, sans connaître les chiffres exacts, a un bilan économique pas tellement reluisant en Arkansas. Ni Giuliani, qui est plus à l'aise dans le politique, et John McCain, qui est un libertarien reconnu, ne sont éloquents en économie. Le meilleur sur cette question serait plutôt Mitt Romney qui est un républicain plus progressiste. Il a abaissé la dette du Massachusetts, a favorisé l'entreprise privée, il a fait un excellent travail. Il est le plus apte sur les questions économiques.

LPA.com: On croit souvent que les démocrates sont plus protectionnistes que les républicains. Est-ce encore une réalité?

DC: Les démocrates changent leurs positions en plusieurs occasions. Ils suivent le mouvement. En fait, il n'y a pas beaucoup de différences entre les deux partis sur cette question. Ils ont été tour à tour pour et contre le libre-échange. Les démocrates ont changé au fil des années. Ils sont moins chauds aux syndicats. En fait, ils ne sont plus protectionnistes, mais plutôt pragmatiques.

LPA.com: Pour la bonne entente avec le Canada, qu'est-ce qui serait le mieux: les démocrates ou les républicains?

DC: Avec Stephen Harper comme premier ministre, il est certain que les politiques plus conservatrices des républicains trouveraient écho. Mais si c'est les démocrates, ce serait à peu près la même chose. Par exemple, Hillary Clinton a toujours été libre-échangiste, a approuvé l'Alena et connaît bien le Canada. Peut-être, y aurait-il un peu plus d'ouverture des démocrates sur certains sujets notamment sur l'exploitation des sables bitumineux au Canada.