Avec la poussée fulgurante du dollar canadien contre la devise américaine et les évaluations conservatrices des actions au Sud de la frontière, les investisseurs d'ici ont de quoi se frotter les mains.

Michel Munger

Avec la poussée fulgurante du dollar canadien contre la devise américaine et les évaluations conservatrices des actions au Sud de la frontière, les investisseurs d'ici ont de quoi se frotter les mains.

LaPresseAffaires.com a consulté trois experts en gestion de portefeuille afin de voir quels titres peuvent être des occasions à saisir pour profiter pleinement du pouvoir accru du huard.

Voici les titres qu'ils ont suggéré.

Keith Farrant, gestionnaire de portefeuille chez Claret

M. Farrant adopte une stratégie défensive dans ses choix, ce qui teinte ses recommandations.

WAL-MART [[|ticker sym='WMT'|]]

«Ce titre se transige à 13 ou 14 fois les profits de l'année prochaine, ce qui est le niveau le plus bas des dernières années, dit M. Farrant. La croissance des profits par action a descendu, mais ça pourrait remonter à 10 ou 12% par année sans problème. Le prix payé est raisonnable.

«Du côté international, ajoute le gestionnaire, l'investissement de Wal-Mart dans Seiyu au Japon a été vu de façon négative mais maintenant la compagnie a le contrôle à 100%. Ils se concentreront sur le marché asiatique, qu'ils comprennent de mieux en mieux.»

Keith Farrant donne à l'action un cours cible de 12 à 18 mois de 55 à 60 $ US. Lundi après-midi, il se transigeait à 44,02 $ US à New York.

Toutefois, M. Farrant estime qu'«il pourrait y avoir une récession aux États-Unis. La dernière était en 2001 et il y en a une à tous les 8 ou 9 ans. C'est un titre défensif que j'aime bien en raison du dollar américain qui est bas. Les ventes internationales de Wal-Mart devraient être payantes avec la conversion en billets verts.»

JOHNSON AND JOHNSON [[|ticker sym='JNJ'|]]

«C'est encore très défensif, souligne Keith Farrant. C'est pour la consommation de base et la santé. Au niveau démographique, c'est parfait comme choix. Le titre se transige à 16 ou 17 fois les profits. La croissance des profits devrait se situer entre 15 et 16% par année et le prix est raisonnable. Une grosse portion des ventes se trouve au niveau international et le dividende est raisonnable.»

Le gestionnaire donne à Johnson and Johnson un cours cible de 75 à 80 $ US. Lundi après-midi, il s'échangeait à 64,32 $ US.

COVIDIEN [[|ticker sym='COV'|]]

Ce dernier choix vise le manufacturier d'équipements médicaux pour chirurgiens, ancienne division de Tyco.

«Il se transige à 15 fois les profits de 2008 et la compagnie réalise au-dessus de 55% de ses ventes à l'international. C'est une firme qui peut accroître ses profits de 15% à 17% par année. Peu importe ce qui arrive avec l'économie, nous avons toujours besoin de produits médicaux. Il y a une image négative autour de n'importe quoi provenant de Tyco, mais la compagnie séparée est maintenant entre bonnes mains.»

M. Farrant donne à ce titre un cours-cible de 50 à 55 $ US. Il s'échangeait à 40,02 $ US lundi après-midi à New York.

François Rochon, président du gestionnaire de portefeuille Giverny Capital

AMERICAN EXPRESS [[|ticker sym='AXP'|]]

«Tout va bien, les résultats sont bons, la compagnie est globale et le titre se transige à environ 15 fois les profits de l'année prochaine, ce qui est très bas pour une compagnie de cette qualité», résume François Rochon.

Lundi après-midi, l'action s'échangeait à 57,49 $ US.

JOHNSON AND JOHNSON [[|ticker sym='JNJ'|]]

«C'est une belle entreprise mondialisée qui profite de la faiblesse du dollar américain et s'échange à environ 15 fois les profits de l'année prochaine. C'est une des meilleures entreprises du monde et on n'a pas encore compté l'effet de la devise.»

O'REILLY AUTO PARTS [[|ticker sym='ORLY'|]]

«Ils n'exportent pas, leurs ventes se font plus au sein du secteur américain, dit M. Rochon. C'est une entreprise bien gérée avec un bon plan de match pour la croissance interne. Le secteur est mal-aimé et le monde du détail est morose, mais O'Reilly fait monter ses profits de 11 à 13% par année.»

«Ça peut prendre quelques années pour profiter des titres américains, ajoute le président de Giverny Capital, mais ils devraient faire mieux que le marché canadien. Quand on a achète ce qui n'est pas populaire, il y a plus de potentiel. Il faut être capable d'aller à contre-courant et vivre avec la sous-performance à court terme.»

Luc Girard, directeur du Groupe conseil en portefeuilles chez Valeurs mobilières Desjardins

AT&T [[|ticker sym='T'|]]

«Dans le sans-fil, le taux de pénétration aux États-Unis est un peu au-dessus de 70% tandis qu'au Canada, c'est environ 52 ou 53%, souligne Luc Girard. Les Américains ont trois ans d'avance sur le Canada mais il y a encore beaucoup de potentiel. J'aime beaucoup la technologie GSM de AT&T, qui est supérieure au CDMA.»

«Les résultats du troisième trimestre étaient très solides, au-delà des attentes, ajoute M. Girard. Le sans-fil est vraiment l'axe de croissance avec 2 millions de nouveaux clients, contre les 1,5 million attendus. Les flux de trésorerie disponibles sont de 6 à 7 G$ US pour 2007, comparativement aux 5 à 6 G$ attendus.»

L'expert cite aussi un important rachat d'actions, un dividende de 3,4% et l'action qui se transige à un ratio cours-bénéfices de 13 fois. Il donne un cours-cible de 48 $ US sur un an.

Caterpillar [[|ticker sym='CAT'|]]

«Nous tombons dans la croissance des pays émergents, dit Luc Girard. La demande outre-mer pour leurs produits est en feu. Ils sont propulsés par des secteurs comme le pétrole, le gaz, les minières et la génération d'électricité. La croissance dans ces parties du monde sera d'au moins 10% par année et les stocks des détaillants descendent très rapidement, à un niveau très serré. Caterpillar est une des meilleurs façons de profiter des dépenses en infrastructures au niveau mondial.»

M. Girard constate un ratio cours-bénéfices de 12 fois sur les profits de 2008 et lui attribue un cours-cible de 90 $ US pour les prochains 12 mois. Le titre s'échangeait à 73,34 $ US lundi après-midi à New York.

ALCOA [[|ticker sym='AA'|]]

«Il s'agit encore de profiter de la croissance en Chine et en Inde. Ces pays ont un grand besoin d'infrastructures et de ressources naturelles. L'aluminium est un des seuls produits de sa catégorie n'ayant pas quadruplé de prix comme le zinc, le cuivre et le nickel. Le prix est d'environ 1,10 $ US la livre en raison de l'équilibre, qui devrait être rompu cette année.»

«L'aluminium sera en forte demande pour les prochaines années, on pourrait même voir le prix monter à 1,50 $ à 2 $ US la livre à moyen terme, ajoute Luc Girard. C'est pour cela que Rio Tinto a acquis Alcan. La prochaine société qui ferait l'objet d'une prise de contrôle ferme serait Alcoa. C'est déjà une aubaine pour l'évaluation et la possibilité d'une acquisition est la cerise sur le sundae.»

Récemment, le titre s'est échangé à environ 9 fois les profits de 2008, la compagnie entend racheter jusqu'à 25% de ses actions d'ici 2010.

Luc Girard lui donne un cours-cible de 53,40 $ US. L'action d'Alcoa s'échangeait à 37,91 $ US lundi après-midi à New York.