Les particuliers ont montré le bout de leur nez. La BMO (T.BMO) est passée à la caisse.

Stéphane Paquet

Les particuliers ont montré le bout de leur nez. La BMO [[|ticker sym='T.BMO'|]] est passée à la caisse.

Les prêts aux individus ont fait un bond de 21% au quatrième trimestre par rapport à 2007, ce qui explique en partie les résultats jugés «raisonnables» par un analyste hier. La banque a aussi augmenté sa part de marché dans ce segment.

Au net, la BMO a annoncé que son bénéfice a augmenté de 24% au trimestre terminé le 31 octobre. Il est ressorti à 560 millions de dollars, contre 458 millions un an plus tôt.

Bien qu'important, ce gain s'accompagne de bémols. D'abord, les résultats de l'an passé étaient plombés de 227 millions par des pertes sur les marchés financiers et dans les matières premières. La marche était donc moins haute.

D'ailleurs, malgré les 24% de hausse, les résultats frôlent à peine les prévisions des analystes sondés par Bloomberg. sans éléments non récurrents, ils tablaient sur un gain de 1,09 $ l'action. Il est ressorti à 1,08$.

Il y a aussi dans ces résultats une somme de 73 millions en recouvrements d'impôts pour des bénéfices passés.

La BMO, c'est la quatrième banque en importance au pays et ses résultats étaient attendus.

«Tout le monde s'attendait à ce que la Banque de Montréal annonce quelque chose d'extraordinairement négatif, ce qui n'a pas été le cas, souligne Douglas Davis, de Davis-Rea, à Toronto. S'ils ne l'annoncent pas maintenant, c'est vraiment un bon signal.»

Pour l 'exercice annuel, le bénéfice est de 1,98 milliards, soit 3,76$ par action, en baisse par rapport à l'an dernier alors que les profits avaient été de 2,13 milliards, soit 4,11$ par action. quand les résultats ont été connus, le titre de la BMO a d'ailleurs pris jusqu'à 9,2% en début de séance. Plus la journée avançait, plus il reculait, aussi bas que 32,73$ en après-midi. Puis, comme les marchés, il est retourné au vert et a fini la journée à 34,95 $, en hausse de 83 cents, ou 2,4%.

Un dividende

La BMO a aussi annoncé hier qu'elle maintenait son dividende trimestriel de 70 cents par action. Et pour la suite des choses? «C'est une question difficile», a répondu Tom Flynn à un analyste qui voulait connaître l'arbitrage qui serait fait entre le maintien du dividende et le besoin de capitaux en période de ralentissement économique.

Le dividende annuel de 2,80 $ fait en sorte que, au prix actuel de l'action, il procure un rendement de 8%. Évidemment, pour ça, il faut que le dividende soit maintenu.

Depuis le début de l'année, le titre de la BMO a perdu 38% de sa valeur contre 33% pour le sous-indice qui regroupe neuf banques canadiennes.

L'économie

La banque a aussi indiqué hier qu'elle prenait une charge de 27 millions après impôts liée à la conjoncture des marchés financiers. Les marchés et l'économie sont tellement instables qu'elle a décidé de ne pas publier de prévisions pour ses résultats de 2009.

La BMO prévoit que l'économie canadienne «devrait se contracter modérément au cours de la première moitié de 2009». Elle cite le cas des exportations qui devraient continuer à diminuer.

Pour les États-Unis, où elle est présente avec la banque Harris, elle prévoit que la contraction se poursuivra dans la première moitié de 2009 «avant de s'améliorer légèrement lorsque le marché de l'habitation se stabilisera et que les conditions du crédit s'amélioreront».