Il est malaisé de déterminer le moment où une économie chancelante passe du stade de crise à celui de récession ou même de dépression. Mais les Canadiens le sauront si cela devait se produire.

Julian Beltrame

Il est malaisé de déterminer le moment où une économie chancelante passe du stade de crise à celui de récession ou même de dépression. Mais les Canadiens le sauront si cela devait se produire.

Jusqu'à présent, la plupart des indicateurs économiques au Canada se sont portés assez bien. Mais les statistiques économiques qui seront publiées cette semaine, plus particulièrement les chiffres concernant le produit intérieur brut du troisième trimestre et le taux d'emploi, devraient refléter la détérioration de la situation.

Et plusieurs analystes croient que la série de «statistiques pas trop désastreuses» tire à sa fin et que de mauvais résultats devraient être rendus publics dès cette semaine.

Selon Mike McCracken, analyste à la firme de recherche économique Infometrica, le taux de chômage représente une donnée importante. Cet indicateur révélera ce qui s'est passé en novembre après la chute des marchés boursiers, a-t-il expliqué.

Bien des économistes estiment qu'il s'est perdu entre 20 000 et 40 000 emplois durant le mois de novembre au Canada. Et ces chiffres ne seraient que le début d'une glissade qui pourrait se poursuivre pendant encore deux ans.

Le scénario le plus pessimiste de M. McCracken prévoit que le Canada perdra 600 000 emplois durant les deux prochaines années. Par comparaison, il s'est créé au pays environ 300 000 emplois annuellement au cours des dernières années.

La situation économique actuelle n'est pas comparable à celle de la Grande Dépression. Et ce n'est sans doute pas aussi grave que durant le début des années 1990, lorsque le taux de chômage avait atteint dix pour cent. Mais il ne s'agit pas non plus d'une courte récession technique, comme le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, l'a laissé entendre la semaine dernière.

Douglas Porter, de BMO Marchés des capitaux, ne croit pas que le Canada fera face à une dépression.

«Mais je crois qu'une récession prolongée est tout à fait possible tant et aussi longtemps que les marchés du crédit ne se seront pas stabilisés», a-t-il ajouté.

La situation des marchés du crédit s'est améliorée, mais elle semble maintenant être en voie de se dégrader à nouveau. Pour leur part, les marchés boursiers ont enregistré des chutes toujours plus marquées après chaque rebond.

De plus, le creux dans le marché de l'immobilier américain se fait toujours attendre.

La reprise du marché de l'immobilier aux Etats-Unis sera un élément déclencheur, selon Don Drummond, économiste en chef de la Banque TD. Cela donnera une impulsion à la croissance économique, a-t-il fait valoir.