Le partenaire chinois de Bombardier (T.BBD.B) a besoin d'aide pour exécuter sa part de la CSeries et l'avionneur québécois cherche des firmes qui pourraient lui donner un coup de main, notamment en ce qui concerne l'ingénierie.

Marie Tison

Le partenaire chinois de Bombardier [[|ticker sym='T.BBD.B'|]] a besoin d'aide pour exécuter sa part de la CSeries et l'avionneur québécois cherche des firmes qui pourraient lui donner un coup de main, notamment en ce qui concerne l'ingénierie.

«Shenyang Aircraft Corporation (SAC) a une expertise en ingénierie, mais elle n'a jamais entrepris un programme de fournisseur de premier rang, ce qui comprend le design, les tests et les certifications», a indiqué le directeur de la chaîne d'approvisionnement de la CSeries, Angelo Sinicropi, à l'occasion du premier congrès de l'Association québécoise de l'aérospatiale (AQA) hier.

Bombardier a choisi SAC, une filiale de la société chinoise AVIC I, pour réaliser le fuselage central et les portes de la CSeries, sa nouvelle famille d'appareils commerciaux de 110 à 130 places.

«Nous savions dans quoi nous nous embarquions en concluant une entente avec cette entreprise, a déclaré M. Sinicropi au cours d'un atelier sur les occasions que représente la CSeries pour les PME québécoises de l'aéronautique. Nous pensons que le fait de travailler avec SAC nous donnera une position stratégique pour avoir accès au marché.»

«C'est une compagnie qui a beaucoup de potentiel, a-t-il ajouté. Dans le passé, nous avons aidé d'autres compagnies asiatiques à se développer en travaillant avec elles.»

M. Sinicropi a expliqué que Bombardier avait apporté beaucoup d'aide à la japonaise Mitsubishi en 1993 lorsqu'elle avait commencé à travailler avec elle sur le Global Express. L'avionneur québécois a renouvelé l'expérience avec AIDC (Aerospace Industrial Development Corporation), une entreprise de Taiwan, en 1999.

«Nous travaillons avec SAC et nous sommes activement à la recherche de firmes qui pourraient l'aider à exécuter ses responsabilités en tant que fournisseur de premier rang, a déclaré M. Sinicropi à la centaine de participants à l'atelier. S'il y a des compagnies qui ont des capacités au niveau de l'ingénierie ou de l'intégration, une bonne porte où aller frapper serait celle de la SAC.»

M. Sinicropi a indiqué que Bombardier avait déjà attribué 90% de la valeur des composants qu'elle voulait confier à la sous-traitance.

Il a invité les PME à prendre contact avec les fournisseurs de premier rang qui ont obtenu ces contrats, comme SAC ou C&D Zodiac, qui sera responsable des intérieurs de la CSeries, pour leur proposer leurs produits et leur expertise. Il leur a cependant conseillé de développer leur capacité de conception et d'apporter des solutions clés en main.

Parmi les fournisseurs de premier rang, on compte des divisions de Bombardier qui, comme les autres fournisseurs potentiels, ont dû présenter à l'entreprise une proposition pour remporter des contrats.

C'est ainsi que l'usine de Bombardier à Saint-Laurent a remporté la réalisation de la cabine de pilotage et le fuselage arrière de la CSeries et que l'usine Shorts, de Belfast, sera responsable de l'aile.

M. Sinicropi a indiqué que Shorts avait lancé des appels d'offres pour huit ou neuf sous-ensembles.

«Il peut y avoir des occasions pour vous», a-t-il déclaré à son auditoire.

Dans le cas de l'usine de Saint-Laurent, Bombardier a déjà sondé une vingtaine d'entreprises pour la fourniture de sous-ensembles.

«Nous voulons développer une capacité d'intégration, le développement, le design, a déclaré la directrice de la chaîne d'approvisionnement de Bombardier Aéronautique, Marie-Hélène Pelletier. Aux entreprises qui ne possédaient pas cela, nous avons suggéré des firmes d'ingénierie, dont certaines québécoises.»

Mme Pelletier a indiqué qu'un autre aspect de la CSeries pourrait finalement intéresser les PME québécoises: l'infrastructure et le contenu de l'usine qui accueillera l'assemblage final de la nouvelle famille d'appareils à Mirabel.