Les Québécois le font beaucoup, peut-être plus encore que les autres Canadiens. À la maison, au bureau ou dans leur voiture, peu importe l'endroit, ils consultent compulsivement les bulletins météo.

Hélène Baril

Les Québécois le font beaucoup, peut-être plus encore que les autres Canadiens. À la maison, au bureau ou dans leur voiture, peu importe l'endroit, ils consultent compulsivement les bulletins météo.

Si nous sommes aussi accros à la météo, c'est parce que nous avons quatre saisons et un climat changeant, estime Pierre Morrissette, président de Pelmorex, qui sait de quoi il parle.

Pierre Morrissette vit de la pluie et du beau temps. De la neige et du verglas, aussi. L'entreprise qu'il a fondée est la principale actionnaire de Météomédia et de sa version anglophone, The Weather Network, une entreprise privée florissante, qui ne divulgue pas son chiffre d'affaires. Des sources l'estiment à plus de 60 millions de dollars annuellement.

La chaîne météo est probablement celle qui a les meilleures cotes d'écoute au Canada entre 5h et 9h le matin, le prime time de Météomédia. «On ne nous regarde pas longtemps, mais régulièrement et très souvent», commente-t-il lors d'un entretien téléphonique avec La Presse Affaires.

Ces visites fréquentes et de courte durée font l'affaire des annonceurs. La publicité, qui était inexistante lors de la fondation de Météomédia, il y a 20 ans cette année, compte maintenant pour plus de 50% de ses revenus, révèle Pierre Morrissette.

En plus, Météomédia qui rejoint la presque totalité des foyers abonnés au câble, reçoit 23 cents par mois par abonné.

Depuis que Pierre Morrissette a délaissé l'industrie de la radio pour celle de la météo, en 1993, Météomédia a beaucoup changé. L'entreprise, qui employait 125 employés, en a maintenant 400, répartis entre Oakville en Ontario, Montréal, Vancouver, Calgary et Moncton.

Selon lui, il s'agit «d'un mélange intéressant d'employés très spécialisés», c'est-à dire des scientifiques (une cinquantaine de météorologues), des spécialistes de la technologie et des créatifs, qui s'occupent de présenter le contenu de la meilleure façon possible.

Météomédia a migré vers l'internet en 1996 et son site est le plus consulté au Canada parmi les sites d'information, avec 5,5 millions de visiteurs uniques par mois en anglais et 2 millions de visiteurs uniques par mois en français. L'entreprise offre maintenant des services personnalisés sur les écrans des ordinateurs personnels ou les téléphones portables. Ces services «desktop» sont une autre preuve de notre boulimie de météo. «Ils sont très populaires», dit le président, qui précise que 2 millions de Canadiens s'y sont abonnés (gratuitement) depuis leur introduction il y un an.

Selon Pierre Morrissette, la télé est la plate-forme principale de Météomédia et elle va le rester. L'entreprise se prépare maintenant pour la télévision haute définition, qui nécessitera de sa part des investissements de 15 à 25 millions au cours des trois prochaines années.

Grands amateurs de météo, les Québécois sont aussi de grands critiques de l'industrie. Météomédia, qui fait des prévisions sur 7 jours et présente une tendance de la météo sur 14 jours, avait par exemple prévu en mai dernier un été beau et chaud...

«Nous sommes très fiers de notre niveau d'exactitude», soutient le grand patron. Selon lui, les prévisions s'améliorent continuellement et son entreprise compare sa performance avec celles des autres sans rougir. «Notre but c'est d'être les meilleurs», dit-il.