Au moment de suspendre pour l'été la chronique du samedi sur les marchés financiers, l'auteur résumait ainsi les perspectives des experts consultés: «On peut prévoir pour les prochains mois beaucoup d'incertitude entre les périodes de forte volatilité.»

Louis Tanguay

Au moment de suspendre pour l'été la chronique du samedi sur les marchés financiers, l'auteur résumait ainsi les perspectives des experts consultés: «On peut prévoir pour les prochains mois beaucoup d'incertitude entre les périodes de forte volatilité.»

Comme on le disait le 23 juin, la nervosité était déjà installée et, si l'été est souvent une période boursière tranquille, «la volatilité pourrait bien ne pas prendre de vacances».

Cet avis était sans doute le plus pertinent qu'on ait pu tirer de toute la série d'articles de la saison dernière, selon deux participants, Claude Auger, de la Financière Banque Nationale et Louis Painchaud, de RBC Dominion Valeurs mobilières, réunis pour préparer les prochaines parutions.

Ces deux conseillers en placement reprendront en effet dans une semaine leur participation à notre survol hebdomadaire des marchés boursiers et obligataires.

Le troisième interlocuteur habituel dans ces échanges ayant accepté de nouvelles responsabilités, il ne pourra pas poursuivre l'exercice, mais il sera remplacé sous peu.

Dans la première chronique de la saison, samedi prochain, il sera sans aucun doute question des réactions au discours de la Réserve fédérale américaine (la Fed) pour justifier, mardi, une diminution de son taux d'intérêt directeur ou encore un statu quo. Les prédictions des firmes spécialisées sur cette décision sont très partagées.

Encore une fois, il faudra s'attarder moins à la taille d'un éventuel changement qu'au signal envoyé par la Fed et son impact psychologique sur les investisseurs, précise Claude Auger.

Louis Painchaud rappelle que la crise dans l'immobilier aux États-Unis a été fortement alimentée par les spéculateurs, le quart des emprunts en défaut de remboursement étant liés à une deuxième ou troisième propriété d'un même emprunteur.

L'offre disproportionnée de maisons reprises par les banques a aussi poussé à la baisse l'ensemble des titres américains du domaine de la construction. Par exemple, celui de Home Depot, que la bulle immobilière avait poussé aux alentours de 57 $US, est redescendu dans la zone des 37 $US.

Quant à la perte de confiance dans les fameux papiers commerciaux adossés à des actifs, elle pose à nouveau aux investisseurs la question de leur tolérance au risque dans un marché baissier, souligne M. Painchaud.

Mais, en brassant les spéculateurs, ça fait le ménage, dit-il, et le marché redevient plus rationnel. Ça ramène les gens sur terre, ajoute M. Auger.

Pétrole et banques

En rétrospective, il devient aussi évident que l'attention particulière portée au secteur de l'énergie au Canada, il y a un an, n'était pas injustifiée.

Tout le secteur a bien fait et Claude Auger l'illustre par la performance de Petro-Canada, qui avait fléchi dans la fourchette 42-43 $ quand le baril de brut était à 60 $US. Il est ensuite remonté de plus de10 $.

Par contre, les services financiers, qu'on a identifiés comme prometteurs en cours d'année, ont subi un dur impact récemment. Mais, dit Louis Painchaud, à long terme les banques canadiennes poursuivent la croissance de leur dividende.

Tout au long de la dernière année, les appels à la prudence ont été multipliés face à des périodes d'excitation ou d'irrationalité des marchés pendant que les principaux indices boursiers poursuivaient une forte croissance malgré des signaux qui invitaient à la perplexité.

La même modération devrait animer au cours des prochains mois les propos des conseillers qui seront invités à commenter l'actualité financière sur une base hebdomadaire.