S'il y a une question que tout le monde se pose dans l'univers politique mardi, c'est bien s'il faut considérer le déséquilibre fiscal réglé une fois pour toutes après le dépôt du deuxième budget Flaherty.

Michel Munger

S'il y a une question que tout le monde se pose dans l'univers politique mardi, c'est bien s'il faut considérer le déséquilibre fiscal réglé une fois pour toutes après le dépôt du deuxième budget Flaherty.

Les chefs des trois principaux partis politiques de la province et l'opposition à Ottawa ont au moins qualifié le budget de lundi de grand pas en avant, chacun à sa façon.

De son côté, Clément Gignac, économiste en chef à la Financière Banque Nationale, se veut prudent. Mais il estime qu'une foule de revendications des provinces ont enfin été réglées.

«Pour la première fois depuis longtemps, on a un budget fédéraliste à Ottawa, dit M. Gignac. On donne 3 G$ de plus aux provinces pour la prochaine année et les deux tiers de la marge de manoeuvre va directement à elles. Nous avons souvent reproché au gouvernement fédéral de garder le fric pour lui et de le dépenser tous azimuts.»

Mais pourra-t-on un jour considérer que le dossier du déséquilibre fiscal sera fermé et relégué aux oubliettes ?

«Il y a autant d'opinions que d'experts là-dessus, répond l'économiste en chef. Il faut se souvenir que l'étude a été faite il y a quatre ans. En 2007-08, le Québec recevra 7 G$ de plus qu'au moment où le rapport Séguin a été déposé.»

«Où est le déséquilibre fiscal maintenant ? Nous ne le savons pas trop, poursuit Clément Gignac. Le gouvernement fédéral limite aussi son pouvoir de dépenser et rend les transferts prévisibles. Le règlement de la question sera difficile à prouver. Si on ne l'a pas réglé, on a fait un maudit bon bout de chemin !»

La question de l'équilibre ne relève pas uniquement du gouvernement national, estime notre interlocuteur. Les provinces doivent prendre des décisions elles-mêmes.

«Le Québec devra assumer ses choix, lance M. Gignac. Quand Ottawa libère 4,5 G$ d'espace fiscal en abaissant la TPS, ça signifie 1,2 G$ pour le Québec au niveau de la TVQ. Si le Québec n'occupe pas ce champ-là lui-même, ce n'est plus une décision fédérale.»

Chose certaine, même avec des mesures visant notamment à favoriser l'investissement chez les manufacturiers et l'essor des petites entreprises, on ne peut qualifier le budget Flaherty de grand coup de barre pour le monde des affaires.

«C'est un budget destiné à régler les dossiers avec les provinces et non pour la productivité ou la création de richesse, rappelle M. Gignac. Ottawa cherche avant tout à mieux faire fonctionner la fédération canadienne.»

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