Ronald Weinberg et ses deux fils viennent d'intenter une poursuite d'un demi-million de dollars contre les deux médecins ayant pratiqué la chirurgie esthétique qui s'est avérée fatale pour Micheline Charest, le 13 avril 2004.

Christiane Desjardins

Ronald Weinberg et ses deux fils viennent d'intenter une poursuite d'un demi-million de dollars contre les deux médecins ayant pratiqué la chirurgie esthétique qui s'est avérée fatale pour Micheline Charest, le 13 avril 2004.

Le Dr Roger Paul Delorme agissait comme chirurgien, tandis que le Dr Maurice Trahan était l'anesthésiste. Dans le cas de ce dernier, la poursuite vise sa succession puisqu'il est lui-même décédé le 2 février dernier, à l'âge de 78 ans.

Il ne pratiquait plus, car le Collège des médecins l'avait forcé à prendre sa retraite en mai 2004, après la mort de Mme Charest. Soulignons enfin que la poursuite vise aussi la Clinique de chirurgie esthétique Notre-Dame, un établissement privé dont le Dr Delorme est copropriétaire et où s'est déroulée l'intervention. Rappelons que le coroner Jacques Ramsay avait conclu à une «mort accidentelle évitable».

Dans le document déposé au palais de justice de Montréal, le veuf et les deux fils de l'ex-fondatrice de Cinar affirment que sa mort résulte de la négligence des médecins. On signale que Mme Charest, âgée de 51 ans, était en parfaite santé quand elle s'est présentée à la clinique le 13 avril 2004, pour subir une réduction mammaire, un face-lift du bas du visage, et l'exérèse d'un grain de beauté sur l'abdomen.

De fait, l'intervention, qui a commencé vers 11h15, pour se terminer vers 18h05, s'est apparemment bien déroulée. Les complications sont survenues alors que Mme Charest se trouvait dans la salle de réveil. Vers 18h20, moment où on lui enlevait ses tubes, on ne notait rien d'anormal chez la patiente, et on relevait un taux de saturation en oxygène de 98 %.

À 18h40, elle ne respirait plus. L'une des deux infirmières notait un pourcentage d'oxygène de 44 %, alors que l'autre notait 0 %, peut-on lire dans la poursuite. À partir de ce moment, une série d'actions et d'omissions sont reprochées au personnel de la clinique.

Par exemple, on reproche au Dr Trahan de n'être arrivé au chevet de Mme Charest qu'à 18 h 50, soit 10 minutes après que les infirmières aient noté l'arrêt respiratoire.

À ce moment, il a tenté de réintuber Mme Charest, sans y parvenir. Il n'a pas appelé ou demandé d'appeler Urgence Santé. À 19 h 10, le Dr Delorme, qui était rendu chez lui, a été prévenu et il est revenu en vitesse à la clinique, sans demander préalablement aux infirmières d'appeler Urgence Santé. Ce qui lui est vivement reproché.

En fait, les techniciens d'Urgence Santé arrivaient vers 19 h 25. Ils exécutaient différentes manoeuvres, dont une intubation qui a réussi et qui a fait repartir le pouls de Mme Charest. Mais le mal était fait.

Mme Charest ne pouvait plus respirer par elle-même et elle avait définitivement perdu toute fonction cérébrale, comme on devait s'en rendre compte à l'hôpital Notre-Dame, où elle fut transportée. Mme Charest a été déclarée cliniquement morte à 9 h 45 le lendemain, et décédait à 15 h 44 le même jour.

Au chapitre des réclamations, qui s'élèvent à 513 129 $, on note que M. Weinberg demande 200 000 $ pour ses souffrances dues à la perte de son épouse, 3629 $ pour les frais des funérailles, ainsi que les 9500 $ que Mme Charest avait versés pour son intervention esthétique.

Quant aux fils du couple, Éric et Alex Charest-Weinberg, respectivement âgés de 22 et 21 ans, et résidant tous deux aux États-Unis, ils demandent chacun 150 000 $ pour la perte du soutien moral, affectif et financier de leur mère.