Les grands événements financiers de la dernière semaine sont intimement liés : baisse plus importante que prévu des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed); sommets historiques des prix du pétrole et de l'or; parité de la devise canadienne avec le dollar américain.

Louis Tanguay

Les grands événements financiers de la dernière semaine sont intimement liés : baisse plus importante que prévu des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed); sommets historiques des prix du pétrole et de l'or; parité de la devise canadienne avec le dollar américain.

Est-ce que le temps est venu d'investir aux États-Unis?

Louis Painchaud, de RBC Dominion valeurs mobilières, rappelle d'abord que, depuis le début de l'année, si l'indice Standard & Poors a progressé de 7%, l'appréciation du huard (13 %) a effacé ce gain et place l'investisseur canadien à perte.

Cela rappelle à son avis la possibilité de participer au marché américain en utilisant des unités indicielles dont certaines sont protégées contre les risques de change.

La situation actuelle permet néanmoins d'acheter des titres américains à un prix plus intéressant qu'il y a quelques mois.

Pour Claude Auger, de la Financière Banque Nationale, on peut se demander si la hausse de 6 % de la valeur du huard depuis un mois est méritée par l'écart de qualité des données de part et d'autre de la frontière.

Le marché des changes pourrait avoir eu une réaction exagérée à la décision de la Fed de prendre le taureau par les cornes en réduisant à la fois le taux des fonds fédéraux et le taux d'escompte d'un demi-point alors que les observateurs s'attendaient dans l'ensemble à un quart de point.

Il serait maintenant surprenant, dit-il, qu'elle ne décrète pas d'autres baisses pour un demi-point et plus au cours des prochains mois.

Le marché a été surpris et la Fed a encore une marge de manoeuvre à la baisse, selon Louis Painchaud. Mais elle garde l'inflation à l'oeil et pourrait reprendre le mouvement à la hausse si les problèmes de liquidités se résorbaient dans les marchés.

Devant la baisse du billet vert, l'or a de nouveau profité de sa valeur de refuge en période d'incertitudes, note M.Auger, pour toucher en semaine un sommet de 27 ans. Après une hausse de 11 % depuis le 31 août, il suggère de faire attention à la possibilité de prises de profit.

À moins de vouloir adopter une attitude spéculative, il ajoute qu'on doit privilégier des sociétés engendrant de bons bénéfices, par exemple Agnico Eagle ou Goldcorp.

Le pétrole a aussi encore joué un rôle dans l'envol du huard. La saison des ouragans réduit la possibilité d'augmenter les stocks.

Par contre, note M. Painchaud, la décision du gouvernement de l'Alberta d'examiner la recommandation d'un comité qui propose de hausser de 25 à 33 % les redevances exigées des exploitants de son sous-sol a immédiatement affecté les titres pétroliers.

Encana et Petro-Canada ont perdu 2 % pendant que Suncor chutait de 4,5 % parce que ses activités sont plus importantes dans les sables bitumineux, où, à cause des autres coûts, la marge bénéficiaire est moins grande que dans le pétrole liquide.

La semaine prochaine, il faudra s'intéresser à la suite de la privatisation de Bell Canada Entreprises. Parmi les détenteurs de débentures qui sont défavorisés par l'entente annoncée avec Teachers, il y a de très gros joueurs institutionnels qui ne se laisseront pas faire, selon Claude Auger, et d'autres embûches restent à prévoir.

Pour faire face à la volatilité, Louis Painchaud suggère de s'intéresser au secteur des produits de consommation. Par exemple, il est facile de bien connaître ce que font les dirigeants de Canadian Tire.

Ceux que le taux de change attire vers les États-Unis peuvent aussi penser à Johnson & Johnson, qui reste la plus diversifiée des sociétés en soins de santé, ou à Altria pour L'expansion internationale des activités de sa filiale Phillip Morris.