Au terme d'une série d'études, le Conseil de l'industrie des communications du Québec (CICQ) estime que les acteurs de l'industrie québécoise des relations publiques, communications, marketing et publicité ont bien des défis à relever.

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Au terme d'une série d'études, le Conseil de l'industrie des communications du Québec (CICQ) estime que les acteurs de l'industrie québécoise des relations publiques, communications, marketing et publicité ont bien des défis à relever.

En conférence de presse, mardi, le président du CICQ, Michel G. Desjardins, a avancé que les entreprises québécoises devaient principalement voir à élargir le bassin de créateurs aptes à répondre aux besoins des annonceurs qui migrent incontestablement vers les nouveaux médias. Les intervenants de l'industrie devront également surveiller la concentration hors Québec des centres décisionnels.

Les études du CICQ ont en effet démontré que le contrôle des investissements en communication-marketing pour le Québec se déplace de plus en plus à l'extérieur de la province. En matière de publicité, une importante proportion des budgets pour le Québec est maintenant contrôlée par les bureaux de Toronto des grandes entreprises canadiennes et internationales, constate le CICQ.

Les entreprises québécoises de services de communications exportent peu. Pas plus de 15 pour cent de leurs revenus proviennent du reste du Canada, notamment de l'Ontario. Et dans la plupart des cas, ces revenus découlent de la présence de bureaux de ces firmes québécoises à l'extérieur de la province.

De plus, les clients-annonceurs gèrent une part importante de leurs budgets à l'interne. C'est le cas pour les investissements médias dans une proportion d'environ 20 pour cent, un pourcentage qui atteint près de 70 pour cent pour plusieurs investissements hors médias (relations publiques, marketing relationnel, promotions et commandites, entre autres).

Une mutation grandissante des clients-annonceurs vers les nouveaux médias - les nouvelles plateformes interactives et Internet - a fait ressortir au Québec une pénurie importante de main-d'oeuvre pour ces secteurs. Quarante-six pour cent des firmes sondées ont déclaré avoir une pénurie de main-d'oeuvre, principalement en marketing et en nouveaux médias, selon le CICQ.

"Dans ces marchés en croissance, constitués de pigistes qui sont fortement sollicités par l'ensemble des employeurs, on note une pénurie, de sorte que ces gens-là vont de mandat en mandat pour différents employeurs", a déclaré M. Desjardins.

"Il s'agit d'une situation un petit peu préoccupante parce qu'on n'est pas toujours capables de répondre à la demande du client", a-t-il ajouté.

Le CICQ juge néanmoins que l'industrie des relations publiques, communications, marketing et publicité va bien, qu'elle est en santé et que les marges bénéficiaires y sont normales.

En relations publiques, la marge bénéficiaire moyenne est de 15,5 pour cent, tandis qu'elle se situe à 16,3 pour cent chez les agences de publicité. Par contre, chez les producteurs publicitaires, elle n'était que de 5,4 pour cent en 2005.

M. Desjardins a fait valoir que les études du CICQ ne permettent pas d'établir un lien avec les révélations de la commission Gomery sur le scandale des commandites.

"Pour l'industrie, c'est quelque chose qui est derrière elle. C'est un phénomène centralisé sur quelques individus et des pratiques peut-être un peu douteuses, mais je dirais que c'est derrière. Il n'y a pas eu d'allusions à ça, d'aucune manière (dans les études)", a avancé M. Desjardins.

"Il n'y a pas vraiment de trace, sauf peut-être un ralentissement de l'investissement publicitaire noté par le biais de la micro-étude faite sur les producteurs de films publicitaires où il y a eu à un moment donné une baisse marquée de production de films publicitaires, entre 2004 et 2005", a-t-il avancé.

L'industrie québécoise des secteurs publicité-marketing et relations publiques constitue un marché de 5,2 milliards $ avec 60 000 employés.