L'attente d'un verdict se prolonge au procès pour fraude de Conrad Black après 10 jours de délibérations du jury, qui se poursuivent aujourd'hui à Chicago.

Martin Vallières

L'attente d'un verdict se prolonge au procès pour fraude de Conrad Black après 10 jours de délibérations du jury, qui se poursuivent aujourd'hui à Chicago.

Et cette attente semble peser de plus en plus lourd pour l'ex-patron de presse canadien, au terme d'un procès ouvert il y a quatre mois. Et dont le verdict pourrait l'envoyer dans une prison américaine pour plusieurs années, pratiquement ruiné.

«Ne pourriez-vous pas nous foutre la paix, qu'on puisse au moins prendre une marche tranquille?» a-t-il lancé mercredi à un cameraman canadien qui épiait les abords du bureau de son avocat, au centre-ville de Chicago.

Il faut dire que, contrairement à son habitude de retourner à son hôtel entre les rappels en cour, Conrad Black a passé la journée dans le bureau de son avocat Ed Genson, près du palais de justice.

Attente nerveuse

Car depuis les événements de mardi, lorsque le jury avait annoncé une impasse et obtenu de nouvelles directives du juge, avant de reprendre ses délibérations, tous les intervenants au procès de M. Black et trois ex-adjoints attendent nerveusement un verdict qui peut survenir à tout moment.

Même son avocat, M. Genson, a fait part d'un «verdict imminent et sans doute partiel» si les jurés ne peuvent sortir rapidement de l'impasse sur certains des chefs d'accusations.

Tâche très complexe

Leur tâche est très complexe. Ils doivent tenter d'en venir à un verdict unanime sur chacun des 42 chefs d'accusations en tout qui pèsent contre les quatre coaccusés.

Et cela, après 15 semaines en cour pendant lesquelles les avocats et les procureurs fédéraux ont décortiqué des centaines de documents d'affaires et une quarantaine de témoignages.

Pour Conrad Black, les trois coaccusés et leurs avocats en particulier, le sprint final des délibérations veut dire se maintenir à quelques minutes de marche ou de taxi de la salle d'audience au 12e étage de l'imposant Federal Building au centre-ville de Chicago.

Ce quartier de tours à bureaux, d'une grande variété architecturale, est surnommé «The Loop» en raison des voies de métro surélevées qui le ceinturent.

En comparaison, le luxueux hôtel Ritz Carlton où logent Conrad Black et ses proches depuis la mi-mars est situé dans le quartier chic du Magnificent Mile, véritable Westmount de Chicago, près de la rive du lac Michigan.

60 millions

Rappelons que M. Black et trois de ses principaux ex-adjoints à la haute direction du groupe de presse Hollinger International, aujourd'hui déchu, sont accusés d'avoir détourné au moins 60 M$ US de l'entreprise.

Cette fraude présumée aurait été commise par des paiements et des avantages personnels qu'ils auraient soutirés de Hollinger lors de reventes d'actifs pour une valeur de trois milliards de dollars, de 1998 à 2002.

Le procès pour fraude de M. Black et ses ex-adjoints se tient à Chicago parce que Hollinger International avait son siège social dans cette ville.

Ses actions étaient cotées à la Bourse de New York. Hollinger International était toutefois contrôlée de Toronto par diverses entreprises sous l'emprise de M. Black et quelques associés.