Autre journée mouvementée pour les investisseurs, vendredi, alors que la Bourse a terminé sa pire semaine depuis des années.

Martin Vallières

Autre journée mouvementée pour les investisseurs, vendredi, alors que la Bourse a terminé sa pire semaine depuis des années.

Les principaux indices nord-américains ont fluctué au fil des heures, pour finalement inscrire d'autres reculs de 0,5% à 1,6%, selon les cas.

Et pour la semaine, les indices des principales Bourses du monde affichent des pertes moyennes de 5% à 6%.

De l'avis des experts, cette nervosité des investisseurs est de mauvais augure pour les prochains jours, sinon les prochaines semaines.

«Les corrections comparables, ces dernières années, ont duré entre une et six semaines. Entre-temps, les investisseurs doivent prendre du recul et accroître leur perspective, au lieu d'agir précipitamment», suggère Tobias Levkovich, stratège boursier principal à Citigroup Global Markets, à New York, dans une note à ses clients.

N'empêche que les indices mesurant la volatilité boursière compilés par la Bourse de Montréal et le Chicago Board Options Exchange se sont encore élevés hier à des sommets inégalés depuis plus d'un an.

À Montréal, l'indice MVX a terminé en hausse à 21,91 points, à son plus haut depuis l'important repli boursier mondial de la mi-juin 2006, il y a 13 mois.

Parmi les principaux facteurs négatifs en Bourse, on cite la crise de confiance aux États-Unis envers le marché des prêts à risque, où l'on craint des pertes de plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Déjà, cette crise semble avoir tari les sources de financement abordable pour les gros achats d'entreprises par endettement.

Or, cette vague de rachats adossés alimentait une bonne part des gains boursiers des derniers mois, au gré des spéculations sur les prochaines cibles d'offres à gros prix. De plus, les investisseurs s'inquiètent de l'impact de la récession de l'immobilier résidentiel aux États-Unis, qui pourrait freiner toute l'économie et nuire aux profits des entreprises.

Jusqu'à maintenant, les investisseurs appréciaient la bonne tenue persistante de l'économie américaine, et même mondiale, ainsi que le tonus financier des entreprises.

Dans ce contexte d'incertitude croissante, les principaux indices de la Bourse américaine, le Dow Jones et le S&P 500, ont chacun terminé hier en baisse d'environ 1,6%.

En points, le recul s'est établi à 208 pour le Dow Jones, qui a terminé la semaine à 13 265 points. L'indice S&P 500 a cédé 23 points pour clore la semaine à 1458 points.

À Toronto, l'indice S&P/TSX a aussi perdu des plumes hier, mais à un rythme un peu moindre que ses homologues américains. Il a reculé de 96 points, ou de 0,7%, pour terminer la semaine à 13 748 points.

Ailleurs dans le monde, les principaux indices des Bourses européennes ont aussi subi une séance en dents de scie. Ils ont terminé en baisse moyenne d'un demi-point de pourcentage.

Pour la semaine, les indices européens, comme leurs vis-à-vis nord-américains et asiatiques, ont pris la grande tasse.

Les baisses de valeur en cinq jours atteignent 4,5% en moyenne pour les principaux indices américains, et 5,7% dans le cas de l'indice S&P/TSX de la Bourse de Toronto.

En Europe et en Asie, les principaux indices affichent des reculs d'environ 5%. Et même de 5,6% pour l'indice FTSE 100 de la Bourse de Londres.

Par ailleurs, le dollar canadien a subi de forts contrecoups ces derniers jours des doutes concernant la croissance économique mondiale, qui pourrait être freinée par les tumultes boursiers.

Auparavant, l'appréciation du huard jusqu'à 96 cents US, un taux inégalé depuis 30 ans, s'appuyait beaucoup sur les perspectives favorables du marché mondial des ressources naturelles.

Vendredi, le dollar canadien a encore reculé d'un demi-cent américain pour terminer tout juste au-dessus des 94 cents US.

En trois jours, le huard s'est replié de presque deux cents US, son déclin le plus accentué depuis un an.