Les compensations octroyées aux hauts dirigeants d'Alcan (T.AL), dont les montants ont été divulgués mercredi par La Presse Affaires, enragent les principaux représentants syndicaux de l'entreprise.

Marc St-Hilaire

Les compensations octroyées aux hauts dirigeants d'Alcan [[|ticker sym='T.AL'|]], dont les montants ont été divulgués mercredi par La Presse Affaires, enragent les principaux représentants syndicaux de l'entreprise.

«Maintenant qu'on connaît la rémunération de nos grands patrons, une chose est certaine: je ne serai pas gêné de revendiquer un régime de retraite équitable pour des gens qui ont laissé leurs poumons dans les salles de cuves.»

Pierre Simard est l'un des principaux négociateurs de la partie syndicale dans le litige qui oppose Alcan et ses retraités depuis quelques années.

En entrevue mercredi, il s'est dit estomaqué par le salaire et les compensations que touchera le président de la société, Dick Evans, conséquemment à l'éventuelle acquisition d'Alcan par le géant anglo-australien Rio Tinto.

La colère du syndicaliste s'explique d'autant plus que, selon lui, les dirigeants ont récemment refusé de régler le dossier des retraités en prétextant des coûts trop élevés. Il soutient que les deux parties étaient à moins d'un million de dollars d'une entente, laquelle incluait un régime d'assurance médicaments acceptable.

«Quand on sait combien le prix des médicaments a augmenté au cours des dernières années, quand on sait à quel point ces médicaments sont essentiels pour de nombreux retraités, et quand on sait que le président Dick Evans va toucher plus de 50 millions en salaire et en compensations, pouvons-nous accepter l'argument des coûts? La réponse est non», dit-il.

Pierre Simard promet que si aucune entente n'intervient entre les deux parties d'ici l'automne prochain, retraités et travailleurs uniront leurs forces pour «réclamer ce qui nous est dû».

Le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA), Claude Patry, était lui aussi dans tous ses états mercredi matin.

«M. Evans peut bien gagner ce qu'il veut, ce n'est pas de mes affaires. Mais qu'on ne vienne pas nous parler de coûts lorsqu'on demande une assurance médicaments pour ceux et celles qui ont fait d'Alcan ce qu'elle est aujourd'hui. C'est un manque de respect flagrant, choquant à la limite», analyse-t-il.