La glissade de la Bourse de Shanghai mardi n'ébranle pas l'intérêt des entrepreneurs québécois pour la Chine, loin de là.

Maxime Bergeron

La glissade de la Bourse de Shanghai mardi n'ébranle pas l'intérêt des entrepreneurs québécois pour la Chine, loin de là.

Quelque 200 d'entre eux ont assisté hier à une conférence organisée par la Banque Nationale sur la manière de faire des affaires dans l'empire du Milieu. Le marché chinois soulève toujours autant d'enthousiasme, a-t-on constaté, mais aussi plusieurs inquiétudes.

L'avocate Caroline Bérubé, qui travaille pour un cabinet de Guangzhou, a rappelé aux entrepreneurs présents l'importance de vérifier l'identité et les ressources financières de ses partenaires chinois avant de signer quoi que ce soit.

«Si vous saviez le nombre de gens qui font des affaires en Chine, qui arrivent sur place et réalisent que l'entreprise avec laquelle ils étaient en contact n'existe pas. Je dirais que ça arrive dans 50% des cas», a exposé l'avocate.

Une simple étude juridique et financière permettra de connaître le chiffre d'affaires réel de son éventuel partenaire, ses liquidités, sa capacité de production et surtout de savoir si son entreprise est bel et bien enregistrée auprès des autorités.

En gros, conseille Caroline Bérubé, il faut demeurer vigilant et toujours faire ses devoirs de vérification, comme à la maison. Ce que plusieurs omettent de faire, exaltés par la croissance fulgurante de la Chine et ses inombrables possibilités.

«Les gens oublient les principes d'affaires généraux qu'il utilisent partout dans le monde. L'appât du gain est tellement fort.»

Forte croissance

L'économiste Mike Moran, spécialiste des marchés asiatiques à la Standard Chartered Bank de New York, a de son côté exposé des prévisions très optimistes pour les années à venir.

«D'un point de vue macroéconomique, on s'attend encore à voir une croissance économique très forte en Chine pour les prochaines années, ça n'a pas changé, a-t-il dit à La Presse Affaires. La Chine est en transition d'une économie basée purement sur les exportations à une économie basée sur l'investissement.»

Selon M. Moran, la Chine a de bonnes chances de maintenir des taux de croissance de 8 à 10% au cours des cinq à 10 prochaines années, ce qui laisse entrevoir un accroissement continuel du marché de la consommation intérieure.

Tony Meti, premier vice-président, services aux entreprises et international, de la Banque Nationale, partage l'enthousiasme de son collègue.

«Il y a 1,3 milliard de personnes là-bas, et 30% de la population fait maintenant partie de la classe moyenne entre guillemets, l'équivalent des États-Unis!»

La conférence visait avant tout à former et à «montrer les opportunités» du marché chinois aux clients de la Banque Nationale, a expliqué M. Meti en entrevue.

Quant à la glissade subie mardi par la Bourse de Shanghai, le vice-président a tenu à relativiser. «La Bourse de Shanghai a gagné 132% en un an. Hier (mercredi), il y a eu une correction de 8,8%. Quand on remet ça en contexte, ce n'est pas si mal.»