(Tripoli) Les autorités libyennes ont annoncé dimanche le début de la construction d’une raffinerie de pétrole dans le sud du pays, pour un investissement de 500 à 600 millions de dollars et une entrée en service d’ici trois ans.

Agence France-Presse

« C’est un projet important : le début effectif de la construction d’une raffinerie dans le Sud », a lancé le chef du gouvernement, Abdelhamid Dbeibah, au cours d’une cérémonie à Tripoli (ouest).  

« L’investissement est compris entre 500 et 600 millions de dollars (431 à 517 millions d’euros) pour des bénéfices annuels attendus de 75 millions de dollars » (65 millions d’euros), a souligné le patron de la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC), Mustafa Sanalla.  

Elle aura une capacité quotidienne de « 1,3 million de litres d’essence, plus d’un million de litres de diesel et 600 000 litres de kérosène », a précisé M. Sanalla.

La raffinerie sera implantée près d’al-Charara, un champ pétrolier majeur situé dans la région d’Oubari (900 km au sud de Tripoli), qui produit en moyenne 300 000 barils par jour.  

Annoncé au début des années 1980, le projet d’une raffinerie dans le Sud désertique libyen avait été mis en suspens des années durant avant d’être relancé en 2017. La société pétrolière libyenne Zallaf avait alors été chargée de réaliser études techniques et plan de développement.  

Lors de la même cérémonie, les autorités ont également annoncé un projet plus modeste d’usine de production de bouteilles de gaz, dans la même région.  

La Libye, qui dispose des réserves pétrolières les plus abondantes d’Afrique, tente de s’extirper d’une décennie de chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.  

Après des années de conflit, un gouvernement unifié a été mis sur pied début 2021 pour mener la transition d’ici des élections générales en décembre.  

Ces dernières années, l’activité économique dans le pays d’Afrique du Nord a été l’otage des profondes divisions politiques entre autorités rivales, avec au cœur de ce champ de bataille le « croissant pétrolier », à mi-chemin entre Tripoli, siège du gouvernement, et Benghazi (nord-est), où règnent les forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen.

Début 2020, les pro-Haftar avaient bloqué les principales installations pétrolières pour réclamer une meilleure répartition des recettes, gérées à Tripoli. L’échec de leur offensive sur la capitale les a convaincus de renoncer à ce chantage.

La production a peu à peu rebondi, pour atteindre depuis décembre en moyenne 1,2 million de barils par jour, soit dix fois plus qu’au troisième trimestre 2020, mais toujours en deçà du 1,5 à 1,6 million de barils par jour d’avant la guerre.