(Ottawa) Le NPD veut que le gouvernement fédéral récupère les subventions salariales remises à des entreprises qui en ont profité pour augmenter la rémunération de leurs dirigeants.

Christopher Reynolds La Presse Canadienne

Dans une lettre adressée à la ministre des Finances Chrystia Freeland, le député Peter Julian soutient que toutes les sociétés cotées en bourse ayant reçu la subvention salariale devraient rembourser au gouvernement toute augmentation de salaire ou de primes accordées à des membres de la haute direction.

M. Julian reproche aussi au gouvernement de ne pas avoir inclus au programme des conditions pour limiter les rachats d’actions et les hausses de dividendes.

La Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) couvre jusqu’à 75 % du salaire des employés d’une entreprise. Le programme est estimé à plus de 100 milliards.

Katherine Cuplinskas, une porte-parole de la ministre Freeland, a souligné que le programme a permis à plus de 5,3 millions de travailleurs de garder leur emploi ou d’être réembauchés.

Selon l’économiste David Macdonald, une simple règle fiscale permettrait de trouver une solution au problème invoqué par les néo-démocrates.

Michael Smart, un économiste de l’Université de Toronto, préfère une future réforme des programmes à des remboursements rétroactifs. Il recommande plutôt au gouvernement fédéral de remettre la subvention aux petites entreprises et aux secteurs en difficulté, ou de la réserver qu’aux emplois à risque.

Dans son dernier budget, le gouvernement a mis en place un système pour récupérer l’argent versé à des sociétés cotées en bourse qui auraient augmenté la rémunération des dirigeants. Le NPD souhaite que cette mesure soit aussi appliquée de manière rétroactive.