La société d’État Investissement Québec peut-elle encourager à la fois les exportations et l’achat local ? Son président, Guy Leblanc, pense que oui et il vient de nommer un ambassadeur de l’achat local pour l’aider à remplacer 6 milliards de dollars d’importations par des produits faits au Québec.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Stéphane Drouin a quitté son poste de directeur général du Conseil québécois du commerce de détail pour devenir « entrepreneur en résidence » chez Investissement Québec (IQ), avec le mandat de convaincre les entreprises d’accroître la part d’achat local dans leurs chaînes d’approvisionnement.

Le nouvel ambassadeur brandit déjà un exemple. « Une chaîne de restaurants du Québec vient de voir les avantages de servir de la laitue cultivée au Québec plutôt que de la laitue américaine, et de contribuer en même temps à créer une production en serre », a-t-il illustré.

L’objectif d’Investissement Québec et de son entrepreneur en résidence est de remplacer le maximum d’importations par des produits locaux. L’agroalimentaire, les produits d’hygiène corporelle et le vêtement, qui représentent des achats annuels de 6 milliards, sont les secteurs qui seront ciblés en premier en raison de leur potentiel de production locale.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Stéphane Drouin a quitté son poste de directeur général du Conseil québécois du commerce de détail pour devenir « entrepreneur en résidence » chez Investissement Québec.

M. Drouin, dont le mandat d’un an sera renouvelable, concentrera ses efforts auprès des entreprises. Il travaillera sur le terrain, en collaboration avec les équipes régionales d’Investissement Québec. En plus de les encourager à s’approvisionner localement, l’entrepreneur tentera de convaincre les entreprises qui ont des activités à l’étranger de rapatrier cette production au Québec.

Une campagne de sensibilisation auprès des consommateurs devrait aussi être lancée ultérieurement par le gouvernement du Québec, a indiqué Guy Leblanc. Les gens ont besoin d’avoir plus d’information, a-t-il plaidé, en donnant en exemple que beaucoup de consommateurs achètent du jus d’orange Tropicana, fait par PepsiCo, sans savoir que l’entreprise québécoise Oasis en offre aussi.

La promotion de l’achat local s’est ajoutée à la mission d’Investissement Québec depuis la pandémie. Son président ne voit pas de contradiction avec ses autres responsabilités, dont la vente de produits québécois à l’étranger. « On est toujours libre-échangiste », a-t-il assuré.

L’achat local peut donner plus de stabilité aux chaînes de production des entreprises québécoises, en plus d’améliorer la balance commerciale du Québec, fait-il valoir. Guy Leblanc rappelle que le déficit annuel de la balance commerciale du Québec est de 15 milliards.