Biron Groupe Santé est très connu pour ses diagnostics en laboratoire, et la crise de la COVID-19 le tient occupé depuis plusieurs mois déjà. Ses centres de prélèvements au Québec ont été mis à contribution pour tester les gens asymptomatiques, et l’entreprise a aussi mis sur pied cinq centres de dépistage pour les gens qui affichent des symptômes de la COVID-19. Au-delà de l’urgence sanitaire, la PDG Geneviève Biron souhaite maintenant développer l’expertise du groupe dans la médecine préventive.

Publié le 19 janv. 2021
Jean-Philippe Décarie
Jean-Philippe Décarie La Presse

Vous avez mis sur pied au Québec un réseau de centres de prélèvements et d’analyse ainsi que plusieurs activités connexes dans le domaine de la santé. Comment et pourquoi votre groupe s’est-il impliqué dans la crise du coronavirus ?

On est actifs depuis bientôt 70 ans dans les tests médicaux. Biron Groupe Santé s’est diversifié au cours des dernières années dans les services diagnostiques et les équipements pour les troubles du sommeil, la gestion de cliniques d’imagerie médicale en partenariat avec des radiologistes et les services médicaux aux entreprises.

C’est à partir du mois de juin, quand les médecins ont recommencé à voir leurs patients, qu’on s’est lancés dans les tests de COVID-19 pour les gens asymptomatiques. C’est devenu une activité importante en termes de gestion et de supervision. On voulait soulager le système en faisant notamment des tests pour les gens qui souhaitaient partir en voyage.

Avec le temps, on a aussi mis sur pied cinq cliniques tièdes à Brossard, Saint-Laurent, Boisbriand, Québec et Magog où on teste des gens qui affichent des symptômes.

Vous avez aussi lancé une opération de dépistage à l’aéroport de Montréal. Qu’est-ce qui vous a poussé à offrir ce nouveau service ?

C’est un projet-pilote que l’on a débuté avant la période des Fêtes à la demande du gouvernement français qui voulait que les voyageurs qui se rendent en France soient soumis à un dépistage. On a offert des tests antigéniques dont les résultats sont connus en 15 minutes et on a aussi offert des tests PCR dont les résultats prennent de 24 à 48 heures.

C’est un projet qui évolue et que l’on a élargi aux voyageurs qui se rendent à Saint-Pierre-et-Miquelon ainsi qu’en Haïti.

Vous êtes des spécialistes des diagnostics, que ce soient des analyses sanguines, des tests de virologie, des tests de troubles du sommeil. Comment se segmentent vos activités exactement ?

Avec les années, on a développé trois grands créneaux d’activité. Les tests et analyses de sang sont réalisés à partir des 74 cliniques de prélèvements qu’on opère au Québec et sont acheminés à notre laboratoire de Brossard, qui est en activité 24 heures par jour, 7 jours par semaine.

On a ensuite développé des services diagnostiques des troubles du sommeil où on a aussi intégré la vente de services thérapeutiques. On a 38 cliniques des troubles du sommeil.

En 2005, j’ai lancé l’entreprise Imagix-Imagerie médicale, en partenariat avec des radiologistes. Cette entreprise est maintenant dans le giron de Biron Groupe Santé et compte 14 cliniques au Québec. On a aussi quatre autres centres d’imagerie médicale sous l’enseigne Medvue.

Ces trois divisions sont à peu près d’égale importance et elles sont complétées depuis quelques années par notre division Services aux entreprises, qui compte quatre centres à Montréal, Laval, Trois-Rivières et Brossard. Au total, on emploie 850 personnes au Québec.

Vous vous intéressez de plus en plus à la médecine prédictive. À partir de tests sanguins, on pourra prédire le genre de maladies qui nous guette ?

C’est un intérêt qui est né d’une réflexion stratégique. On est dans le métier de l’intelligence médicale. On fournit aux médecins les informations nécessaires pour qu’ils puissent donner le traitement approprié à leurs patients.

On veut donc bonifier la valeur de notre proposition à l’aide de certaines données à la suite d’analyses de résultats. Cela va de pair avec les transformations numériques. Un test de cholestérol, c’est une commodité comme une autre. On veut aller plus loin avec l’information que l’on obtient, on veut davantage opérationnaliser cette information.

On a même lancé un concours pour appuyer les jeunes entreprises qui veulent innover dans les domaines de la médecine prédictive et préventive.

Vous allez financer des start-up ?

Oui, on a lancé la semaine dernière l’opération Phase B qui vise à financer un projet en démarrage avec une contribution financière de 25 000 $ et un accompagnement d’un an avec des mentors et un parcours chez un accélérateur. La COVID-19 nous a démontré l’importance d’innover, et on souhaite faire notre part pour stimuler l’innovation.

On a aussi un deuxième prix qui sera une bourse de 5000 $ et un parcours chez un accélérateur. On ne cherche pas une innovation qui va servir Biron Groupe Santé, on veut juste aider le développement d’un beau projet.

Combien de projets vous attendez-vous à recevoir et dans quel domaine ?

On aimerait bien en avoir 10, 20 ou 30. On en souhaite le plus possible. C’est la première année, on démarre le projet. Un domaine que j’aimerais voir se développer est celui de l’odorat. On l’a vu avec la COVID-19, l’odorat, c’est important, il y a des animaux qui sont capables de détecter des cancers ou même la COVID-19. Est-ce que l’odorat pourrait devenir un nouvel outil de diagnostic ?

On est seulement au début de l’opération de vaccination contre la COVID-19. Lorsque, dans quelques mois, les doses de vaccin seront disponibles en grand nombre, est-ce que vos centres de prélèvements pourraient être mis à contribution dans l’effort de vaccination à grande échelle ?

Je pense que le gouvernement souhaite superviser lui-même l’opération. Mais si on nous le demande, on a l’infrastructure pour le faire. Notre division Services aux entreprises est déjà responsable de la vaccination contre la grippe. On pourrait le faire pour la COVID-19.