La valeur du bitcoin a quadruplé l’an dernier et les mineurs de cryptomonnaies établis au Québec ont redoublé d’activité pour en tirer profit, ce qui a poussé à la hausse les ventes d’Hydro-Québec.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Hydro-Québec constate une augmentation de 13 % de l’énergie utilisée par les mineurs de cryptomonnaies au cours des trois derniers mois de l’année par rapport aux trois mois précédents de 2020.

« Clairement, il y a une corrélation entre l’augmentation de la valeur du bitcoin et la consommation d’électricité du secteur », indique Jonathan Côté, porte-parole de la société d’État.

La valeur du bitcoin a entamé une remontée en juin 2020 et la hausse s’est accélérée en fin d’année pour battre des records. Il s’échangeait à quelque 47 000 dollars canadiens, jeudi. Il devient plus intéressant de relancer les ordinateurs qui, en tournant sans relâche, résolvent des équations qui permettent de créer de nouveaux bitcoins, et une certaine frénésie s’est emparée du secteur.

Il s’agit d’une activité très énergivore. En décembre, par exemple, la consommation d’électricité de ce secteur équivalait à la consommation moyenne d’environ 65 000 maisons.

L’électricité pas chère et renouvelable d’Hydro-Québec a suscité énormément d’intérêt au sein de l’industrie, au point que la société d’État a dû limiter la quantité d’énergie allouée à ce secteur. Hydro a offert 300 mégawatts au secteur des cryptomonnaies lors d’un appel d’offres en 2019, mais seulement 30 mégawatts ont trouvé preneur, la valeur du bitcoin ayant dégringolé dans l’intervalle.

La poussée récente de la valeur du bitcoin n’a suscité aucune demande supplémentaire de branchement, a indiqué Hydro-Québec. « Il s’agit d’une industrie volatile dont la pérennité n’est pas assurée, ce qui nous incite à la prudence », a fait savoir son porte-parole.

En fait, ceux qui souhaiteraient se lancer aujourd’hui dans les cryptomonnaies devraient payer un tarif établi pour limiter le développement de ce secteur, soit 15 cents le kilowattheure, ce qui explique que ça n’intéresse personne. Les mineurs déjà établis paient le tarif régulier d’Hydro-Québec.

Non à d’autres projets

Hydro-Québec n’a pas l’intention d’offrir au secteur des cryptomonnaies le reste du bloc de 300 mégawatts de l’appel d’offres qui n’a pas été utilisé, même s’il y a encore des surplus importants d’électricité.

« Beaucoup de choses se sont passées récemment en ce qui concerne la demande et les surplus sont en train de fondre », justifie Jonathan Côté. Il souligne que le Plan gouvernemental pour une économie verte vise à remplacer l’énergie fossile par l’électricité dans une foule de secteurs, ce qui aura pour effet d’augmenter la demande, d’électricité au Québec.

Le secteur québécois des cryptomonnaies, dont la plus connue est le bitcoin, reste un important client pour Hydro-Québec. Son fonctionnement nécessite une puissance de 400 mégawatts, ce qui est deux fois plus important que pour les centres de données.

En 2020, ce secteur a généré des revenus de 60 millions, comparativement à 56 millions en 2019.