Les prix du baril de pétrole brut qui demeurent faibles depuis trois semaines et l’effondrement de l’économie causé par la crise mondiale de la COVID-19 continuent de provoquer de fortes baisses des prix de l’essence à la pompe dans l’est du Canada.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Le prix de l’essence à la pompe continue de dégringoler, son niveau ayant maintenant reculé sous les 80 cents le litre, du jamais vu depuis presque 20 ans.

Le prix de l’essence suit avec un délai l’effondrement du prix du pétrole brut sur le marché international causé par la paralysie de l’économie mondiale et la guerre de prix que se livrent l’Arabie saoudite et la Russie.

Hier, le prix du brut a rechuté après trois journées de hausses consécutives en Bourse. Le baril de WTI pour livraison en mai a terminé à 22,60 dollars, perdant 7,7 % par rapport à la clôture de mercredi.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai s’échangeait à 26,34 dollars à Londres, en baisse de 3,8 %.

Depuis le début de l’année, les deux barils de référence ont perdu plus de 60 % de leur valeur.

Dans certains endroits du Québec, les prix à la pompe se rapprochent de ceux observés en 2003.

Le prix de l’essence pourrait tomber encore plus, étant donné l’aggravation de la crise du coronavirus dans le monde. Peu de consommateurs pourront toutefois en profiter, puisqu’une partie croissante de la population mondiale est en confinement.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, le confinement qui se généralise fera baisser davantage la demande mondiale de pétrole au deuxième trimestre de l’année.

Le conflit entre l’Arabie saoudite et la Russie, qui a refusé d’ajuster sa production à la baisse pour contrer la réduction de la demande, ne semble pas en voie de résolution, malgré les efforts du secrétaire d’État américain Michael Pompeo.

Les États-Unis ont beaucoup à perdre dans cette guerre de prix qui risque d’anéantir leur secteur pétrolier très endetté si les prix se maintiennent aussi bas encore longtemps.

- Avec Agence France-Presse