(New York) Une paire d’espadrilles unique conçue par l’équipementier adidas et le fabricant allemand de porcelaine Meissen pourrait devenir la première à atteindre le prix d’un million de dollars à l’issue d’une vente organisée par la maison Sotheby’s, estime cette dernière.

Agence France-Presse

Depuis quelques années, les maisons d’enchères se sont positionnées sur le marché des espadrilles de collection, mais elles ne proposaient, jusqu’ici, que des exemplaires issus de séries, même limitées.

Le modèle qui sera proposé à la vente, en ligne, à partir de lundi et jusqu’au 16 décembre est lui unique et estimé par Sotheby’s entre « 1 et 1 000 000 » de dollars.

Conçue sur la base des ZX8000, un modèle populaire commercialisé par adidas, la paire en cuir a été peinte par des artisans de Meissen, qui ont ensuite apposé des éléments de porcelaine, également décorés.

Ces espadrilles ne sont pas faites pour être portées.

La conception, la rareté, et le prix de ces adidas pourraient contribuer à faire franchir au marché de l’espadrille de collection, désormais bien établi, une nouvelle étape.

Le record pour une paire de chaussures de sport a été plusieurs fois battu cette année, la dernière par des Air Jordan 1 de Nike, parties pour 615 000 dollars à l’issue d’une vente organisée par Christie’s, mi-août.

« Il y a une évolution du marché, qui voit désormais ces espadrilles comme de l’art », explique Brahm Wachter, directeur du développement des ventes en ligne de Sotheby’s.

Jusqu’ici, l’équipementier américain Nike était, de loin, le plus prisé des collectionneurs, principalement par le biais de la marque maison Jordan Brand, associée à l’ancien basketteur de légende Michael Jordan.

« Les maisons d’enchères tirent profit de l’émergence de la culture “sneaker” (espadrille) et s’en servent pour attirer un nouveau public dans leur écosystème », analyse Tom Woodger, vice-président responsable du marketing culturel pour la plateforme de vente en ligne StockX.

« Ces produits extrêmement rares que proposent les maisons d’enchères ne concernent que les 0,01 % les plus riches parmi les collectionneurs », poursuit-il, tandis que les plateformes spécialisées comme StockX « permettent d’accéder au reste ».

Pour Brahm Wachter, si d’autres paires uniques étaient proposées aux enchères, « cela changerait le marché », avec l’arrivée de nouveaux collectionneurs et l’émergence d’une « dynamique » de prix différente.

À ce titre, dit-il, la vente qui démarre lundi et dont le produit ira au Brooklyn Museum de New York et à sa programmation pour les jeunes de la ville « est vraiment une première. C’est un test. »