Les Québécois ont avantage à favoriser les meubles bleus. C’est en quelque sorte le message de l’Association des fabricants de meubles du Québec (AFMQ), qui lance lundi une campagne publicitaire pour inviter – inciter – les Québécois à acheter des meubles fabriqués au Québec.

Marc Tison
Marc Tison La Presse

« Avec la pandémie, on a vu qu’il y a une tendance accélérée vers l’achat local et on veut faire du pouce là-dessus, explique Gilles Pelletier, PDG de l’AFMQ. Ce qu’on dit aux Québécois, c’est : si vous avez un meuble à acheter, achetez-en un fait au Québec. »

La campagne, qui se déploie sur les plateformes télé et web de Radio-Canada et sur Urbania, s’échelonnera sur quatre semaines.

Aucun solde n’y est associé. « Ce n’est pas une campagne pour dire : achetez et vous aurez un rabais de 10 %, précise Gilles Pelletier. On dit que si vous cherchez un style scandinave ou italien, vous êtes capable d’en trouver un qui est fait ici au Québec. C’est une campagne de sensibilisation. »

La campagne veut promouvoir les avantages de la fabrication québécoise, tout en s’attaquant à certains mythes. Elle insistera notamment sur leur accessibilité – des produits de différentes gammes pour tous les budgets –, sur leur qualité, ainsi que sur la possibilité d’un design sur mesure.

On veut briser les tabous que les meubles du Québec sont plus chers. Ce sont des meubles qui sont accessibles en termes de style et de budget. On peut avoir des meubles partout au Québec, qui sont au prix d’IKEA, mieux faits que ceux d’IKEA et plus faciles à assembler que ceux d’IKEA.

Gilles Pelletier

Il y a deux ans, l’Association avait déjà lancé la signature Meuble du Québec, qui identifie le mobilier québécois chez les détaillants, et le site meubleduquebec.com, où les consommateurs ont facilement accès aux fabricants et à leurs produits.

Dans le cadre de la nouvelle campagne, « on en profite pour travailler avec les détaillants, qui sont des partenaires importants dans tout ça, pour faire en sorte que lorsque les consommateurs entrent chez un détaillant, ils soient capables de trouver », informe Gilles Pelletier.

Une valeur particulière

Cette campagne revêt une valeur particulière aux yeux du président d’Amisco Réjean Poitras. « Dans le contexte économique, protectionniste et géopolitique, même avant la COVID-19, c’est important pour moi que les gens réalisent bien l’achat qu’ils font, commente-t-il. Évidemment, on parle de meubles, c’est très important pour moi. Mais diminuer les transports et diminuer l’empreinte écologique sont des éléments qui font qu’on doit de plus en plus penser à l’achat local. »

Il espère bien sûr en tirer d’autres bénéfices pour son entreprise. « Je pense qu’ultimement, ça va entraîner une hausse des ventes. Est-ce que la première campagne va avoir cet effet-là ? Elle aura certainement un effet. Il va probablement falloir revenir sur ce message-là une ou deux fois par année pendant quelques semaines à des périodes propices. Comme toute campagne de publicité, c’est la répétition du message qui fait que les gens sont plus alertes. »

« Le Québec n’a rien à envier aux fabricants européens. Soit au niveau de la qualité ou de la stylistique, on est capables de se battre contre eux. Facilement », estime Réjean Poitras.

Fondée en 1942, l’Association des fabricants de meubles du Québec regroupe près de 150 entreprises québécoises dans le domaine du meuble. Le secteur emploie quelque 25 000 personnes. « C’est quand même important en termes de volume, mais essentiellement, ce n’est pas ça le message, conclut Gilles Pelletier. On veut toucher la fierté des Québécois. »