Le retour au bureau d’employés actuellement en télétravail ne fera pas le bonheur de tout le monde. L’annonce de la rentrée des professionnels à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) a fait bondir le syndicat, qui parle d’une décision unilatérale.

Isabelle Dubé Isabelle Dubé
La Presse

Les employés de l’ITHQ, un organisme public, devront réintégrer les bureaux de la rue Saint-Denis à Montréal à partir du 3 août, certains à temps plein pour assurer un service aux élèves, d’autres en alternance avec des prestations de travail à la maison. Du côté des fonctionnaires de l’État québécois, la réintégration partielle des immeubles de bureaux commencera dès samedi.

Or le télétravail est toujours fortement recommandé par le gouvernement, plaide le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), et les nouveaux horaires de télétravail seront imposés par les gestionnaires alors qu’il s’agit d’un élément de la convention collective.

« On va contester la décision unilatérale de l’employeur, de l’ITHQ, affirme la présidente du SPGQ, Line Lamarre, lors d’un entretien téléphonique. C’est un problème, car il n’y a pas eu de consultation avec les syndicats, et les syndiqués ne sont pas contents. »

La présidente du syndicat soutient que les syndiqués, dont la prestation de travail peut se faire à distance, sont « très heureux en télétravail » et que « ça fonctionne très bien ».

Elle renchérit en citant le représentant du Secrétariat du Conseil du trésor (SCT), Jean-Philippe Day, qui révélait récemment que la productivité des fonctionnaires en télétravail avait augmenté pendant la pandémie et qu’il s’inquiétait même de les voir « surtravailler ».

Le ragot répandu dans la société, c’est que les fonctionnaires ne travaillent pas assez, actuellement. C’est tout le contraire et on veut les en empêcher.

Line Lamarre

Dans une note envoyée le 30 juin par les ressources humaines de l’ITHQ, on lit que l’accès de tous les établissements scolaires « n’est plus limité au personnel exerçant des fonctions jugées nécessaires aux différentes activités de l’ITHQ ». Un non-sens, selon le syndicat, car le gouvernement continue d’encourager le télétravail, que ce soit pour les entreprises privées, la fonction publique ou les établissements d’enseignement, sans compter que le gouvernement parle d’un retour au bureau avec un taux d’occupation maximal de 25 %.

Questionné à ce sujet, l’ITHQ a répondu par courriel à La Presse : « À titre d’établissement d’enseignement et relevant du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, l’ITHQ ne va pas à l’encontre des recommandations du gouvernement. »

« Nous avons pu faire la preuve entre le 25 mai et le 23 juin que le protocole sanitaire que nous avons mis en place permettra à ces étudiants et à nos employés d’apprendre et de travailler dans un environnement sain et sécuritaire », précise l’Institut.

Employés et élèves

L’ITHQ compte 332 employés, dont 120 professeurs, et accueille en temps normal 1600 élèves qui suivent des formations professionnelles, collégiales ou universitaires. Toutefois, seuls les étudiants au professionnel reprendront les classes sur place le 26 août pour ne pas retarder l’obtention de leur diplôme. Les autres assisteront à des cours en ligne pendant les cinq premières semaines de la session d’automne 2020.

Une partie des professionnels de l’ITHQ ne travaillent pas auprès des élèves. Ils sont répartis entre les services des communications, des finances, de l’administration, le Centre d’expertise et le Centre de recherche.

Certains des syndiqués s’inquiètent de la gestion des départs et des arrivées aux ascenseurs, car la règle de deux personnes à la fois pourrait entraîner de la congestion pour se rendre aux étages supérieurs de l’immeuble. En plus des files d’attente aux toilettes et des déplacements inutiles en métro, ils craignent de croiser les élèves de l’ITHQ qui auront, au cours de l’été, travaillé ou sorti dans les bars et les restaurants, des foyers d’éclosion de la COVID-19.