Les reventes de maisons se sont multipliées en juin dans les villes du Québec hors des grands centres. Pendant ce temps, les quartiers centraux de Montréal tardent à sortir de la torpeur causée par le confinement des mois d’avril et de mai.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Il s’est vendu près de 1000 propriétés résidentielles de plus le mois dernier qu’à la même période l’an dernier dans les villes situées hors des six grandes villes du Québec et de leur banlieue. On dénombre 2192 transactions en juin 2020 comparativement à 1222 il y a un an, une hausse spectaculaire de 79 % des reventes.

Des villes comme Granby et Salaberry-de-Valleyfield ont su tirer leur épingle du jeu en Montérégie. Sur la rive nord du Saint-Laurent, les courtiers agissant à Sainte-Adèle et à Sainte-Agathe-des-Monts, par exemple, n’ont pas chômé le mois dernier.

De grandes villes de la province ont aussi connu un sursaut inattendu d’activité en juin. Ce fut le cas en particulier à Trois-Rivières, indique Charles Brant, directeur, analyse du marché pour l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), qui diffuse des statistiques sur le marché immobilier résidentiel au Québec.

Dans l’ensemble de la province, les reventes de maisons ont bondi sur un an de 44 % en juin et celles de copropriétés ont progressé de 16 %.

Quartiers centraux de Montréal

C’est cependant une tout autre dynamique qui se dessine dans l’île de Montréal. Le nombre de reventes de condos existants – le produit le plus populaire de l’île – a stagné en juin 2020 comparativement à juin 2019, à 856.

« Le segment de la copropriété a été négativement influencé par une absence de hausse des transactions sur l’île de Montréal par rapport à juin 2019, contrairement aux autres grands secteurs géographiques de la Région métropolitaine de recensement (RMR) », écrit l’APCIQ, dans un communiqué.

Dans certains secteurs comme LaSalle, le nombre de transactions a chuté de moitié. Au centre-ville, dans l’arrondissement de Ville-Marie, les reventes de condos ont reculé de 24 %. Dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, la décroissance est encore plus prononcée, à 38 %. Plus à l’est, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve a enregistré 21 % moins de transactions qu’il y a un an.

Comme nous l’avons écrit samedi, cette accalmie dans la demande s’accompagne d’un rebond dans l’offre de propriétés mises sur le marché. Dans l’ensemble de l’île de Montréal, les nouvelles inscriptions de condos à vendre totalisent 1707 en juin, un bond record en un mois. Ville-Marie, le Sud-Ouest, L’Île-des-Sœurs et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve affichent les hausses d’inventaire les plus significatives.

> RELISEZ l’article « Hausse record de condos à vendre : nouveau coup dur pour le centre-ville » paru samedi dernier.

« Les conditions de marché continuent d’être généralement très favorables aux vendeurs dans la RMR de Montréal, engendrant toujours des augmentations de prix très importantes, mais il faut toutefois noter l’augmentation historique des nouvelles inscriptions de copropriétés sur l’île de Montréal (+ 83 %) et l’absence de reprise soutenue des ventes pour cette catégorie », souligne Julie Saucier, présidente et chef de la direction de l’APCIQ.

Il faudra voir si ce contexte de marché évoluera dans les prochains mois en faveur, dit l’APCIQ, « d’une détente des conditions de marché, lorsque l’effet de rattrapage des ventes se dissipera et qu’on assistera à davantage de modération dans l’activité transactionnelle ».