La crise du coronavirus risque de tarir le flot d’investissements étrangers partout dans le monde, et le Québec n’y échappera pas. Mais les entreprises étrangères installées ici maintiennent pour le moment les projets d’expansion qu’elles ont dans leurs cartons.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Deux coups de sonde réalisés par Montréal International depuis le début de la crise auprès de dirigeants et de gestionnaires de filiales d’entreprises étrangères indiquent que la plupart d’entre elles veulent maintenir leurs investissements.

« Les projets sont encore là, et les entreprises sont prêtes à continuer d’investir dès que ça repart », résume Stéphane Paquet, président-directeur général de l’organisation de promotion économique.

Depuis que l’interdiction de voyager est tombée, Montréal International consacre ses énergies aux filiales d’entreprises étrangères établies au Québec pour les inciter à accroître leurs activités.

Les consultations menées auprès de 71 entreprises de tous les secteurs d’activité montrent des signes encourageants : 15 d’entre elles veulent maintenir leurs investissements et 29 autres disent envisager de les maintenir, pour un total de 62 % des filiales sondées. Seulement trois de ces entreprises ont décidé d’annuler leurs projets, et les autres, soit 33 % du total, jonglent avec la possibilité de les reporter.

Le maintien des emplois est plus incertain. La plupart des entreprises sondées (46 %) veulent reporter les embauches prévues, et 36 % ont l’intention de les maintenir. Une dizaine d’entre elles ont annulé les embauches qu’elles prévoyaient faire et ont mis à pied des employés.

Baisse à prévoir

En 2019, Montréal International a réussi à attirer un total de 89 entreprises et des investissements de 2,6 milliards, ce qui constituait un record pour l’organisation.

La performance de l’année dernière sera difficile à rééditer, convient Stéphane Paquet. « Il est trop tôt pour le dire, estime-t-il, il y a beaucoup de brouillard cette année. » Le secteur de l’aéronautique, qui s’est illustré dans le bilan de Montréal International en 2019, pourrait mettre du temps à se relever de la crise, illustre-t-il.

Dans son plus récent état de la situation mondiale, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (UNCTAD) prédit que les investissements directs des entreprises à l’étranger chuteront entre 30 % et 40 % en 2020-2021. La grande majorité des principales entreprises multinationales ont revu et continuent de revoir à la baisse leurs projections de profit, ce qui se traduit généralement par une chute des investissements. L’effet de la pandémie actuelle pourrait être pire que celui de la crise financière, estime l’UNCTAD. Le flot des investissements étrangers avait diminué de 35 % en 2008-2009.

Malgré l’horizon qui s’assombrit, Montréal International voit des signes encourageants dans les résultats obtenus depuis le début de l’année. Entre janvier et avril, 22 projets représentant 840 millions d’investissements directs étrangers ont été réalisés dans la région de Montréal, souligne Stéphane Paquet.

Sept de ces projets se sont concrétisés depuis le début du confinement, ce qui est de bon augure pour la suite des choses, selon lui. « Ce que le sondage nous dit aussi, c’est que les deux tiers des filiales d’entreprises étrangères ont l’intention de maintenir leurs projets. »