La ministre québécoise déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, exhorte Ottawa à collaborer avec le gouvernement québécois pour trouver des solutions au problème du vieillissement de la flotte canadienne de brise-glace, montrée du doigt l’an dernier pour la fermeture du Saint-Laurent pendant quatre jours.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Participant à la cérémonie traditionnelle de remise de la canne au pommeau d’or du Port de Montréal, hier matin, Mme Rouleau a profité de l’occasion pour rappeler que le maintien de la capacité du fleuve à longueur d’année « constitue un enjeu stratégique majeur » pour son gouvernement.

« Le gouvernement québécois est excessivement préoccupé par l’état de la flotte de brise-glace », a-t-elle indiqué devant un parterre des principaux représentants de l’industrie maritime.

Un embâcle survenu à la fin de janvier dans le lac Saint-Pierre avait forcé la suspension de la navigation pendant quatre jours. Des organismes comme la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES) et les Armateurs du Saint-Laurent s’époumonent depuis déjà plusieurs années pour tenter d’attirer l’attention sur la vétusté de la flotte canadienne de brise-glace, victime de nombreuses avaries et, par conséquent, moins disponible.

« Le besoin est urgent, a indiqué Mme Rouleau en entrevue par la suite. Durant la tournée que j’ai faite dans l’industrie maritime, cet enjeu-là était constant. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Chantal Rouleau, ministre québécoise déléguée aux Transports

En plus de commander de nouveaux brise-glace, notamment au Chantier Davie, ce qui prendrait quand même quelques années, Québec aimerait qu’Ottawa collabore avec lui pour trouver des solutions à plus court terme.

« Nous sommes en train d’évaluer des solutions qui vont exiger des ententes avec le fédéral et le secteur privé », a précisé Mme Rouleau, sans vouloir en préciser la teneur.

Nouvelle année record

La situation des glaces n’a pas empêché le Port de Montréal de connaître en 2019 sa sixième année record de suite, a par ailleurs indiqué sa présidente-directrice générale Sylvie Vachon dans un bilan provisoire.

Un total de 40,5 millions de tonnes de marchandises, en vrac ou en conteneurs, ont transité par le port en 2019, une hausse de 4,1 % par rapport à 2018. L’augmentation a été un peu plus forte du côté du vrac solide (15,9 %) et des conteneurs (4,4 %) que du vrac liquide (neutre).

L’année 2020 pourrait poursuivre la séquence de records, estime Mme Vachon.

« Dans nos prévisions, nous voyons encore de la croissance, malgré l’incertitude économique. Peut-être pas au même rythme, mais on ne voit pas de décroissance. »

La croissance cumulée d’environ 25 % du trafic de conteneurs depuis 2014 a approché le Port de sa capacité pour ce type de marchandise, d’où l’importance du projet de terminal de conteneurs à Contrecœur, a fait valoir Mme Vachon. L’organisme espère obtenir les autorisations environnementales nécessaires en 2020 et estime les délais de construction à environ trois ans.

Capitaine chinois

C’est un capitaine chinois, Qin Xiao Fei, aux commandes d’un navire battant pavillon néerlandais, l’Exeborg, qui a remporté cette année la canne au pommeau d’or à titre de premier navire océanique à rejoindre le port de Montréal sans escale.

La tradition remonte à 1840. Elle avait été créée à l’époque où le port était inaccessible en hiver, afin d’encourager les armateurs à ouvrir la saison le plus tôt possible, généralement vers le mois d’avril à l’époque. L’exploit a perdu de son attrait depuis que la navigation sur le fleuve est possible toute l’année.