L’opposition aux projets d’investissement comme celui de GNL Québec au Saguenay est bien connue partout au Québec. Mais ces grands projets ont aussi des partisans dans la région, qui veulent maintenant se faire entendre.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Je crois en ma région, regroupement d’organismes du Saguenay et du Lac-Saint-Jean, a entrepris de réunir les appuis à ces projets de développement pour éviter qu’ils soient rejetés avant même d’être examinés. En plus d’Énergie Saguenay, le projet de GNL Québec, Arianne Phosphate et Métaux BlackRock projettent des investissements importants au Saguenay.

« On veut faire savoir que la région veut ces projets », dit Karine Trudel, qui était jusqu’au 21 octobre députée du NPD et qui est maintenant la porte-parole de cette nouvelle voix.

Les sondages menés au niveau régional indiquent qu’une nette majorité de la population y est favorable, selon elle. « On dit oui aux entreprises, mais un oui conditionnel. Il y a des gouvernements et des instances qui existent pour examiner les impacts et faire respecter les règles, alors c’est aux entreprises de s’y conformer. »

La région n’a pas les moyens, selon elle, de se priver d’investissements qui respectent les règles en matière d’environnement.

On ne s’en cachera pas, on est en décroissance dans la région. On veut développer le tourisme, mais on ne peut pas vivre que du tourisme. Est-ce qu’on va mettre une cloche de verre sur le Saguenay–Lac-St-Jean ?

Karine Trudel

Près de 2500 personnes ont adhéré à la campagne de mobilisation lancée officiellement en début de semaine, « une première réponse positive », dit la porte-parole. Il ne s’agit pas d’entreprises ou de groupes de pression, mais d’individus, assure-t-elle.

Je crois en ma région tient à son indépendance et n’acceptera pas d’argent des promoteurs de projets, affirme Karine Trudel. Les chambres de commerce régionales et autres organisations sont mises à contribution, et le salaire de sa porte-parole est payé par Promotion Saguenay, l’organisme de développement économique de la ville de Saguenay.

Saut rapide

L’ancienne députée n’a pas mis de temps à se trouver un emploi, après avoir encaissé une défaite aux élections fédérales du 21 octobre dernier. « Mon objectif était d’être réélue, mais aussitôt après l’élection, on m’a offert le poste », précise-t-elle.

L’ancienne députée ne voit pas de problème à concilier ses nouvelles responsabilités avec les positions du NPD en matière d’environnement, le parti ayant « toujours été ouvert aux projets de développement économique ».

En réalité, le chef du NPD, Jagmeet Singh, et elle-même ont soigneusement évité d’appuyer ou de dénoncer le projet de GNL Québec durant la campagne électorale.

Selon Le Quotidien, Karine Trudel a déjà critiqué les libéraux en affirmant qu’« on ne peut pas vouloir s’attaquer aux changements climatiques tout en achetant un pipeline ».

Énergie Saguenay, le projet piloté par GNL Québec, veut construire des installations de liquéfaction de gaz naturel et un terminal pour exporter ce gaz acheminé par un pipeline de 750 kilomètres qui serait construit entre la frontière de l’Ontario et Saguenay.

Un ancien député péquiste de la région s’est lui aussi recyclé dans le développement économique. Stéphan Tremblay, qui a été porte-parole de son parti en matière d’environnement, est au service d’Énergie Saguenay où il occupe le poste de directeur du développement régional.