C’est une grande rentrée scolaire pour l’initiative fondée par Paul Martin. On enseignera des programmes d’entrepreneuriat et de mentorat dans plusieurs communautés autochtones du Québec. Et l’ex-premier ministre du Canada en profite pour appeler les gens d’affaires à se joindre au mouvement.

Réjean Bourdeau Réjean Bourdeau
La Presse

Besoin de mentors

« Je souhaite que les communautés d’affaires se joignent en grand nombre dans le projet des jeunes entrepreneurs autochtones », dit Paul Martin. L’Initiative de la Famille Martin (IFM) est destinée aux Premières Nations, aux Métis et aux Inuits. Elle concerne les questions d’éducation, de santé et de bien-être des communautés. Dans l’ensemble des programmes de l’IFM, la formation des jeunes entrepreneurs autochtones tient une place importante. Elle se donne depuis 2008 dans le reste du Canada. Elle a fait son entrée au Québec en 2016. Depuis 11 ans, elle a rejoint 5500 élèves dans 45 écoles.

Donner la chance 

Ce programme est enseigné dans des écoles secondaires et des centres pour adultes. Il donne une expérience directe du monde des affaires, avec des exemples concrets tirés de la réalité autochtone. Il développe des compétences en leadership, en finance, en communications et en technologie. Ses crédits scolaires sont reconnus. « Il est crucial de donner la chance aux jeunes autochtones, dit M. Martin. On peut le faire en parlant d’entrepreneuriat. Mais aussi avec des mentors provenant de notre communauté d’affaires. » Par la suite, espère-t-il, cet appui pourra se traduire par l’embauche d’employés ou par des relations d’affaires avec des entreprises autochtones.

Réaliser leur potentiel

Pour Paul Martin, c’est d’abord une question morale. « Tant que les jeunes autochtones n’auront pas la conviction que demain sera meilleur qu’aujourd’hui, notre tâche ne sera pas accomplie, dit-il. Et le Canada n’aura pas pleinement réalisé son potentiel. » L’ex-premier ministre canadien estime que les communautés autochtones sont « une des bases » sur lesquelles l’économie du pays se développera. « Notre population vieillit, dit-il. Le groupe le plus jeune, c’est les autochtones. » Avec 37 millions d’habitants, le Canada doit profiter de tous ses atouts, précise-t-il, pour faire face à des pays comme la Chine, l’Inde et les États-Unis.

Rentrée québécoise

Au Québec, plusieurs écoles et centres d’éducation aux adultes autochtones enseigneront le programme pour jeunes entrepreneurs. « C’est notre grande rentrée scolaire ! », lance Lucie Santoro, directrice à l’IFM. Le succès des cours déjà offerts à Mistissini, Kahnawake et Kanesatake a ouvert la porte à d’autres. « Maintenant que c’est bien lancé, on poursuit notre expansion », dit-elle. Dès septembre, le programme sera offert à Maniwaki, New Richmond, Gesgapegiag et Listuguj. Pour le moment, les cours sont offerts en anglais. Les cahiers d’exercices viennent toutefois d’être traduits en français. « Nous serons bientôt présents dans des écoles autochtones francophones », assure la directrice.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Lucie Santoro, directrice à l’Initiative de la Famille Martin

D’autres programmes

À cela s’ajoutent deux programmes de mentorat, souligne Lucie Santoro. Le premier, dans une école de Gatineau, concerne la comptabilité. Il est fait en collaboration avec l’Ordre des comptables professionnels agréés (CPA). L’autre, dans une école de Châteauguay, s’intéresse au droit. Il est parrainé par le cabinet McCarthy Tétrault. « C’est l’école qui choisit les élèves, explique-t-elle. Ce n’est pas nécessairement pour en faire des comptables ou des avocats, mais c’est pour appuyer les jeunes dans leur développement. » L’IFM offre, en collaboration avec plusieurs partenaires, cinq autres programmes. Parmi eux, le Projet d’écoles modèles en littératie, les Cours pour les directeurs d’école des Premières Nations et l’initiative La Petite Enfance.

L’initiative de la Famille Martin

L’IFM a été fondée par Paul Martin en 2008. Elle se consacre à l’éducation des jeunes autochtones pour améliorer leurs chances de réussite et de bien-être. Ses champs d’action sont l’alphabétisation des enfants, l’entrepreneuriat, le soutien des éducateurs, le mentorat auprès des jeunes, la santé et le bien-être durant la petite enfance. Son équipe travaille en partenariat avec les communautés autochtones, les éducateurs, les gouvernements, le secteur privé et d’autres fondations.

58 % 
Pourcentage des membres des Premières Nations qui ont de 20 à 24 ans et vivent sur des réserves qui n’ont pas terminé leurs études secondaires.

48 %
Pourcentage des enfants et des jeunes vivant dans des foyers d’accueil au Canada qui sont autochtones.

Source : Enquête nationale auprès des ménages, 2011, Statistique Canada

Des partenaires d’affaires de l’IFM 

Banque Scotia 
Caisse de dépôt et placement du Québec
Comptables professionnels agréés du Canada 
McCarthy Tétrault 
Fondation RBC