(Montréal) Le Massachusetts a approuvé les contrats à long terme afin de pouvoir s’approvisionner en hydroélectricité québécoise, alors qu’Hydro-Québec et son partenaire américain poursuivent leurs démarches pour obtenir les approbations nécessaires en vue de la réalisation de leur projet de ligne de transport.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

En vertu du feu vert donné mercredi par le département des Services publics du Massachusetts, cet État américain paiera 5,9 cents US le kilowattheure dans le cadre du contrat de 20 ans pour l’approvisionnement annuel de 9,45 térawattheures d’énergie.

Pour la société d’État, les revenus de cette entente sont estimés à environ 10 milliards US.

« Aller de l’avant avec ces contrats constitue une étape importante afin d’être en mesure d’offrir davantage d’énergie propre aux contribuables pour réduire les factures d’énergie mensuelles, diminuer les émissions de gaz à effet de serre et améliorer la fiabilité en hiver », a souligné le gouverneur de l’État, Charlie Baker, par voie de communiqué.

Selon le département des Services publics du Massachusetts, les ententes à long terme devraient permettre aux ménages de voir leur facture énergétique annuelle diminuer d’entre deux et 4 %.

Hydro-Québec et Central Maine Power, les promoteurs du New England Clean Energy Connect (NECEC), ainsi que les distributeurs d’électricité National Grid, Eversource et Unitil avaient trouvé des terrains d’entente en juillet dernier, mais les autorités du Massachusetts devaient donner leur aval à ces ententes à long terme.

Toutefois, la décision de mercredi demeure conditionnelle à la construction d’une ligne de transport d’électricité, dont la mise en service est prévue en 2022. Le projet proposant un tracé qui traverse le Québec ainsi que le Maine doit obtenir encore plusieurs autorisations des deux côtés de la frontière. Dans le Maine, la commission des services aux collectivités a donné son feu vert.

Si le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martrel, a estimé que l’approbation obtenue au Massachusetts était une « étape importante », il a reconnu, dans un communiqué, qu’il y avait encore du travail à faire.

« Nous continuerons à collaborer étroitement avec notre partenaire Central Maine Power pour obtenir les autres permis nécessaires pour la réalisation de ce projet, tant dans le Maine qu’au Québec », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, certains médias américains ont rapporté que la rémunération obtenue par National Grid, Eversource et Unitil, qui peut atteindre jusqu’à 2,75 % de la valeur de chaque contrat, a suscité une certaine controverse, étant donné qu’il s’agit du plafond permis par loi.

Dans le but de convaincre le Maine d’accepter que le NECEC traverse son territoire, Hydro-Québec s’était engagée, au cours de l’hiver, à mettre 170 millions US sur la table — une somme destinée à financer diverses initiatives. Advenant que le projet obtienne le feu vert, la société d’État versera une redevance annuelle non indexée de 3,5 millions US pendant 40 ans, soit 140 millions US, puisée à même les revenus générés par le NECEC.

En sol américain, la facture du projet est estimée à 950 millions US et le tracé est estimé à 233 kilomètres.

Au Québec, Hydro-Québec prévoit un tracé d’environ 100 kilomètres entre le poste des Appalaches, situé à Saint-Adrien-d’Irlande près de Thetford Mines, dans la région de Chaudière-Appalaches, et un point de raccordement à la frontière avec le Maine.

Autorisations que le NECEC doit obtenir aux États-Unis

— Commission des services aux collectivités du Maine (obtenue)

— Commission fédérale de réglementation de l’énergie (obtenue)

— Commission de l’aménagement du territoire du Maine (à venir)

— Département de la protection environnementale du Maine (à venir)

— Corps des ingénieurs de l’armée des États-Unis (à venir)

— Département de l’Énergie des États-Unis (à venir)