(San Francisco) Disney, qui vient de boucler le rachat de l’essentiel du groupe Fox, a su rassurer les marchés mercredi avec des résultats trimestriels meilleurs que prévu alors qu’il se trouve à un moment-clé de son histoire.

Julie CHARPENTRAT
Agence France-Presse

L’année sera en effet chargée pour Disney qui a officiellement finalisé fin mars l’intégration de l’essentiel des actifs de 21st Century Fox pour plus de 71 milliards de dollars. Grâce à ce rachat, Disney est devenu le premier groupe de médias et de divertissement au monde.

Outre les sorties très attendues de nouveaux films de super-héros, de l’univers « Star Wars » ou de dessins animés comme La Reine des Neiges 2 ou encore Toy Story 4, Disney prévoit le lancement, très attendu, de Disney+, sa plateforme de streaming concurrente de Netflix, à 6,99 dollars par mois, d’abord aux États-Unis en novembre.

Les résultats du deuxième trimestre de son exercice décalé annoncés mercredi ont en partie pâti de la comparaison avec la même période de l’an dernier, son film Captain Marvel n’ayant pu – malgré son large succès – égaler le carton record du super-héros Marvel Black Panther en 2018, combiné à celui de Star Wars : Les Derniers Jedi, l’une des autres lucratives franchises détenues par le colosse américain.

« Je suis ravi de nos résultats […], qui ont été marqués par notre rachat de 21st Century Fox ainsi que par nos investissements dans nos activités » dans le streaming, qui suppose des dépenses importantes, a relevé le patron du groupe Bob Iger, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

M. Iger en a profité pour se féliciter du succès record du dernier opus de la franchise Marvel, Avengers : Endgame qui « continue à dépasser même nos attentes les plus optimistes » avec 2,3 milliards de dollars au box-office mondial en seulement deux semaines, surpassant Titanic mais encore derrière Avatar.

Sorti fin avril, ce film alignant les stars aidera sans nul doute le chiffre d’affaires de la maison mère de Mickey pour le trimestre en cours (avril-juin).  Bob Iger a en outre précisé que Endgame serait diffusé sur Disney+ le 11 décembre.

La valeur d’Hulu

Côté chiffres, The Walt Disney Company a vu son bénéfice net exploser de 85 % à 5,4 milliards de dollars, une hausse essentiellement due à la montée de Disney au capital de la plateforme de streaming Hulu.

En rachetant l’essentiel du groupe Fox – opération finalisée le 20 mars –, Disney est en effet passé de 30 à 60 % du capital d’Hulu car Fox en possédait lui-même une partie. Une réévaluation de sa part et de la valeur de Hulu a entraîné un gain comptable dans les résultats de Disney, a expliqué le groupe.

Mais rapporté par action et ajusté des éléments exceptionnels – la référence en Amérique du Nord –, le bénéfice ressort à 1,61 dollar, mieux qu’attendu. De même que le chiffre d’affaires (14,9 milliards de dollars, +3 %). Les résultats du trimestre intègrent également 373 millions de dollars de chiffre d’affaires venu de 21st Century Fox.

Disney a en revanche subi ce trimestre les dépenses liées à l’intégration de Fox.

Vers 17h35, le titre avançait de 0,7 % dans les échanges électroniques suivant la clôture de Wall Street.

Dans le détail, les studios Disney ont vu leur chiffre d’affaires décroître de 15 % à 2,13 milliards.

Les parcs d’attraction et produits dérivés ont rapporté 6,2 milliards de dollars en chiffre d’affaires (+5 %) et la division « Media » (chaînes gratuites et câblées) 5,53 milliards, quasi inchangé.

Enfin, le segment « Direct-to-consumer et International », qui comprend les plateformes de streaming Hulu et ESPN+ (sports) a vu ses revenus augmenter de 15 % à 955 millions de dollars. Mais cette division a nettement creusé sa perte opérationnelle, à 393 millions.

Pour le reste de l’année, Disney profitera aussi du succès attendu des nouvelles attractions « Star Wars » au parc Disneyland d’Anaheim (Californie), dont les réservations pour les trois premières semaines d’exploitation se sont arrachées en moins de deux heures la semaine dernière. Elles doivent ouvrir fin mai.