En l'espace de quelques semaines, Marc-André Nantais a troqué son bureau d'un gratte-ciel de Manhattan pour un autre... dans une tour du centre-ville de Montréal.

Mis à jour le 27 févr. 2009
Maxime Bergeron
Maxime Bergeron LA PRESSE

Le Québécois travaillait depuis 2003 chez Goldman Sachs dans l'échange d'actions internationales et de produits dérivés. Puis la crise a frappé, forçant son employeur à licencier 10% du personnel en octobre dernier. Son poste a été aboli.

«Ça m'a donné le coup de pied que je n'étais peut-être pas capable de me donner», dit le jeune homme de 27 ans, qui songeait depuis un certain temps à faire une transition de carrière.

M. Nantais a reçu quelques offres à New York après son congédiement. «Des firmes dans le même domaine, mais pas de même stature, alors ça ne m'intéressait pas. Je ne voulais pas faire un move lateral down.»

Son visa expirait en janvier et il a reçu une offre intéressante du Forum international des Amériques (Conférence de Montréal). Les astres étaient alignés pour qu'il revienne au Québec.

Il ne semble pas aigri par son expérience new-yorkaise, bien au contraire. «J'en ressors grandi. Je suis un Québécois qui parlait à peine anglais en arrivant là-bas, ils m'ont donné une expérience. J'ai été capable de voyager partout à travers le monde.»

Et s'il a eu la chance de vite se replacer, il reconnaît que le choc est brutal pour bien des nouveaux chômeurs de Wall Street. «Les gens pour qui c'est plus désillusionnant, c'est ceux dans la trentaine ou la quarantaine, qui se voyaient faire ça toute leur vie. Moi j'ai la chance d'être jeune, je ne suis pas marié avec deux enfants.»

Marc-André Nantais compte maintenant s'inscrire à l'université pour décrocher un MBA, au Québec, aux États-Unis ou en Europe. Il dit ne pas s'ennuyer des gros salaires de New York, mais plutôt de tous les amis qu'il s'est fait là-bas.