(Phnom Penh) Un pêcheur cambodgien a capturé dans le Mékong le plus gros poisson d’eau douce jamais enregistré d’après des scientifiques, une raie géante de 300 kilos.

Publié le 21 juin
Agence France-Presse

Baptisée Boramy- « pleine lune » en langue khmère - en raison de sa forme, la femelle de quatre mètres de long a été relâchée après avoir reçu un implant électronique pour permettre de surveiller ses mouvements et son comportement.

Capturée dans la province de Stung Treng au nord du Cambodge, elle pesait plus de deux fois le poids d’un gorille de plaine moyen, ont précisé les scientifiques.

« En 20 ans de recherche […], il s’agit du plus grand poisson d’eau douce que nous ayons rencontré ou qui ait été documenté dans le monde entier », a relevé mardi dans un communiqué Zeb Hogan, directeur de Wonders of the Mekong, un projet de conservation financé par les États-Unis.

« Il s’agit d’une découverte absolument étonnante qui justifie les efforts déployés pour mieux comprendre les mystères entourant la raie géante d’eau douce », a-t-il ajouté.

Menacée par la surpêche, la pollution et la perte de son habitat, l’espèce est protégée.

Boramy a battu le record d’un poisson-chat géant de 293 kg qui avait été capturé en 2005 un peu plus en amont dans le nord de la Thaïlande.

Le Mékong, l’un des fleuves les plus longs d’Asie (4350 kilomètres de long), abrite la biodiversité aquatique la plus importante du monde après l’Amazone, avec plus de 1000 espèces de poissons.  

Des spécimens gigantesques comme le poisson-chat géant ou le barbeau géant qui peuvent atteindre trois mètres et peser jusqu’à 300 kilos peuplent aussi ses eaux.

Le fleuve, qui atteint par endroit 80 mètres de profondeur, pourrait abriter des variétés encore plus grandes, d’après les scientifiques.

Vital pour la survie de millions de personnes en Asie du Sud-Est, le Mékong et sa faune sont menacés par les dizaines de barrages construits par Pékin en Chine, au Laos et au Cambodge.

La pollution est une autre source d’inquiétude.

Des déchets plastiques ont été repérés même dans les zones les plus profondes du fleuve ainsi que des « filets fantôme » perdus ou abandonnés par les pêcheurs dans lesquels les poissons peuvent se retrouver pris au piège.