(Vancouver) Des scientifiques qui étudient une météorite qui a atterri dans le lit d’une femme de la Colombie-Britannique, l’automne dernier, disent qu’elle a été détournée dans cette direction il y a environ 470 millions d’années.

Publié le 17 janvier
Brieanna Charlebois La Presse Canadienne

La petite météorite a défoncé le plafond de la résidence d’une femme de Golden, en Colombie-Britannique, en octobre, atterrissant sur son oreiller, à côté de l’endroit où elle dormait quelques instants plus tôt.

Philip McCausland, un chercheur principal cartographiant le voyage de la météorite, a déclaré lundi qu’il a été déterminé que la roche vieille de 4,5 milliards d’années était entrée en collision avec quelque chose il y a environ 470 millions d’années, se brisant en fragments et modifiant la trajectoire de certains morceaux.

M. McCausland, qui est professeur auxiliaire à l’Université Western de London, en Ontario, a déclaré que la météorite revêt une grande importance scientifique, car elle permettra aux chercheurs d’étudier comment les matériaux de la ceinture d’astéroïdes arrivent sur Terre.

« Il y a 50 000 à 60 000 météorites identifiées aujourd’hui dans le monde, mais la plupart n’ont aucun contexte. Nous ne savons pas vraiment d’où elles viennent », a-t-il mentionné.

« Dans les cas où nous avons des orbites connues, où elles ont été observées suffisamment bien pour que nous puissions reconstituer l’orbite avant qu’elle ne touche l’atmosphère terrestre, nous pouvons en fait (déterminer) d’où elles viennent dans la ceinture d’astéroïdes. Golden est un de ceux-là », a dit M. McCausland, se référant à l’endroit où la météorite a atterri.

Les chercheurs ont déterminé que la météorite est une chondrite de type L, l’un des types de météorites qui tombent couramment sur Terre. Malgré cela, il a déclaré que seules environ cinq chondrites de type L avaient des orbites connues.

M. McCausland a affirmé que l’équipe canadienne travaillait maintenant avec des scientifiques de la Suisse, du Royaume-Uni, des États-Unis et d’Italie pour en savoir plus sur la météorite et son chemin vers Golden.

« Nous savons que nous allons toujours en tirer quelque chose d’intéressant, a déclaré M. McCausland. Nous voulons en fait avoir une bonne idée de la façon dont les choses sont livrées à partir de la ceinture d’astéroïdes, et c’est une partie utile de l’assemblage. »

La majeure partie de la météorite a été restituée à Ruth Hamilton, la femme qui l’a échappé belle, et M. McCausland a déclaré que c’était à elle de décider quoi en faire.

Il croit que la roche a une importance culturelle pour le Canada, mais qu’il revient à Mme Hamilton de décider si elle souhaite la garder, la vendre ou la donner. Si elle la vend à un acheteur international, elle devra suivre le processus d’exportation, a-t-il déclaré.

Mme Hamilton a indiqué qu’elle n’avait pas encore décidé ce qu’elle allait faire de la météorite. Elle se trouve actuellement dans un coffre-fort.

« Je n’ai aucun plan pour le moment, mais une fois qu’ils auront fini de l’analyser, j’obtiendrai toute la documentation qui prouve qu’il s’agit d’une météorite, a-t-elle déclaré. Elle va s’appeler officiellement la météorite de Golden. »

Avant que son toit ne soit réparé de manière permanente ce printemps, Mme Hamilton a déclaré qu’elle avait l’intention de retirer la section où la météorite s’est écrasée pour la conserver avec la roche.

M. McCausland a déclaré que la recherche se terminera probablement en mai et que les scientifiques publieront ensuite leurs travaux dans une revue scientifique.

« Chaque fois que quelque chose comme ça se produit, j’aime dire aux gens que cela pourrait arriver à n’importe lequel d’entre nous ; n’importe qui peut trouver une météorite. Il est peu probable qu’une tombe à travers votre toit, mais cela peut arriver, a déclaré M. McCausland. C’est la nature et c’est un rappel que nous faisons partie de quelque chose de plus grand. »

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.