Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

Des ours urbains géants

Les ours noirs qui vivent en milieu urbain se reproduisent plus jeunes et grandissent plus vite, ont découvert des biologistes de l’Université d’État de Caroline du Nord. Dans le Journal of Mammology, ils comparent 36 ours noirs capturés à Asheville, une ville de 80 000 habitants située à deux heures à l’ouest de Charlotte, et 95 ours noirs capturés dans des forêts de Caroline du Nord. Tous les ours avaient 1 an. Les ours urbains étaient deux fois plus gros, 50 kg contre 25 kg. Les femelles ont été étudiées à nouveau un an après. À 2 ans, la moitié des femelles urbaines avaient mis bas, contre aucune des femelles des forêts. Les chercheurs avancent que l’alimentation en ville est plus facile.

Quiz

Quelle influence le climat a-t-il eue en Chine depuis 1000 ans ?

PHOTO FOURNIE PAR LE MINISTÈRE DE LA CULTURE DE LA CHINE

La cité interdite à Pékin

Quand il y avait des réchauffements sur des décennies, la pente des toits devenait moins prononcée en Chine. Les chercheurs de l’Université de Nankin ont analysé les toits de 200 immeubles construits depuis 1000 ans dans l’empire du Milieu. Ils ont noté que lors du Petit Âge glaciaire, aux XVIe et XVIIsiècles (quand les canaux des Pays-Bas étaient gelés sur les tableaux de l’époque), les toits étaient plus pentus. Au début de la période de leur analyse (correspondant à l’Optimum climatique médiéval, une période inhabituellement chaude, quand les Vikings ont colonisé le Groenland), les toits étaient plus plats. L’étude chinoise a été publiée au début du mois de septembre dans Science Advances.

Le chiffre

5

PHOTO FOURNIE PAR L’INSTITUT MAX PLANCK D’ÉCOLOGIE CHIMIQUE

L’oasis de Jubbah

C’est le nombre de grandes migrations humaines entre l’Afrique et l’Asie depuis 400 000 ans, selon une étude allemande. En analysant des outils de pierre trouvés dans différents endroits près de l’oasis de Jubbah, dans le nord de l’Arabie saoudite, les chercheurs de l’Institut Max Planck d’écologie chimique à Iéna ont constaté que ces outils étaient particulièrement nombreux à des moments où le climat était plus humide, il y a 400 000 ans, 300 000 ans, 200 000 ans, 130 000 ans et 55 000 ans. Il y avait alors des lacs dans cette région. Leurs travaux ont été publiés au début de septembre dans Nature.

Des briques de sang et d’urine

PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ DE MANCHESTER

Des briques fabriquées à partir de sol martien simulé et d’albumine sanguine (à droite) et d’urée (à gauche).

Il est possible de fabriquer des briques à partir du sol martien, d’une protéine présente dans le sang humain et de l’urée (de l’urine et de la sueur). Telle est la conclusion d’ingénieurs de l’Université de Manchester, qui ont travaillé avec des sols martiens simulés. Dans la revue Materials Today Bio fin août, les chercheurs britanniques ont noté que du sang animal était ajouté au mortier des édifices avant l’avènement des premiers liants chimiques, au XVIIIsiècle.

Des séismes précolombiens

IMAGE TIRÉE DE WIKIMEDIA COMMONS

Une page du Codex Telleriano-Remensis

Des séismes survenus avant l’arrivée des conquistadors espagnols sont décrits dans un des rares manuscrits aztèques qui n’ont pas été détruits par les colons, ont découvert des archéologues mexicains. Dans les Seismological Research Letters à la fin d’août, les chercheurs de l’Université nationale autonome de Mexico recensent 12 séismes décrits dans le Codex Telleriano-Remensis. Ce Codex a été créé au XVIsiècle au Mexique, à partir de documents aujourd’hui disparus, avec l’écriture pictographique aztèque. Les archéologues les ont datés avec des annotations voisines, par exemple des mentions d’éclipses solaires. Certaines des descriptions sont très précises : par exemple, un séisme en 1507 dans le sud de la capitale mexicaine a endommagé un temple et entraîné la noyade de 1800 soldats dans une rivière.