Ils traquent la myriade d’étoiles qui tapissent le ciel nocturne. Ils élaborent des systèmes élaborés de détection de la vie sur les exoplanètes. Et ils préparent l’essor de l’exploration humaine de notre système solaire. Voici quelques nouvelles études publiées récemment par les chasseurs du firmament.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Jupiter, garde du corps de la Terre ?

Les géantes gazeuses – comme Jupiter – protègent les planètes rocheuses – comme la Terre – des comètes et des astéroïdes qui pourraient les affecter, montrent des simulations d’astrophysiciens allemands. Ces simulations de systèmes solaires sur des milliards d’années, décrites en novembre par des chercheurs de l’Institut Max-Planck d’astronomie dans la revue Astronomy and Astropysics, confirment une hypothèse souvent avancée pour expliquer le faible nombre de météorites de grande taille frappant la Terre. Les géantes gazeuses font ainsi office de gardes du corps pour les planètes pouvant abriter la vie, concluent les chercheurs de Heidelberg.

La protection de la Lune

SCHÉMA FOURNI PAR LA NASA

Les champs magnétiques conjoints de la Lune et de la Terre primordiales

La Lune, de son côté, a protégé la naissance de l’atmosphère terrestre jusqu’à ce qu’elle devienne suffisamment durable et que le Soleil diminue d’intensité, ont découvert des chercheurs de la NASA. Dirigés par James Green, scientifique en chef de la NASA, les astrophysiciens américains ont modélisé le champ magnétique de la Lune alors qu’il était beaucoup plus grand et que notre satellite naturel était cinq fois plus près de la Terre. Dans Science Advances, publié à la mi-octobre, ils ont montré que les champs magnétiques de la Terre et de la Lune se joignaient et formaient une bulle très grande autour de notre planète. Le champ magnétique lunaire est actuellement 1000 fois moins grand que le nôtre.

La neige de Pluton…

IMAGE FOURNIE PAR LA NASA

Pluton tel que croqué par New Horizons en 2015.

Pourquoi les sommets de Pluton, à l’image de ceux de la Terre, sont-ils enneigés alors que, contrairement à notre planète, la température y augmente dans les hauteurs ? C’est parce que la concentration de méthane augmente aussi avec la température sur cette planète, ont découvert des astrophysiciens du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de France. La neige sur Pluton est composée de méthane glacé et sa concentration basse altitude est trop basse pour former des flocons. L’étude a été publiée à la mi-octobre dans Nature Communications.

… et les lacs de Titan

IMAGE FOURNIE PAR LA NASA

Les lacs de Titan

Sur Terre, la stratification dans les lacs est l’un des phénomènes les plus dynamiques des environnements lacustres. Elle survient quand l’eau de surface se réchauffe et qu’elle flotte sur une couche d’eau froide, puis, en se refroidissant avec l’hiver, coule et permet aux nutriments des profondeurs de remonter à la surface. Un phénomène similaire a été observé sur les lacs de méthane et d’éthane de Titan par des astrophysiciens américains. Dans le Planetary Science Journal publié à la mi-juillet dernier, les chercheurs du Planetary Science Institute de l’Arizona ont montré que ces lacs titanesques ne sont pas toujours composés de méthane flottant sur l’éthane – le méthane est plus léger que l’éthane. Le méthane peut, dans certaines conditions, capter l’azote présent dans l’atmosphère de cette lune de Saturne et devenir plus lourd que l’éthane.

Un deuxième plan pour le Système solaire

IMAGE FOURNIE PAR L’OBSERVATOIRE ASTRONOMIQUE NATIONAL DU JAPON

La grille horizontale représente le plan de rotation de la Voie lactée. Le plan de rotation des planètes de notre Système solaire est en jaune et celui des comètes à longue période, en bleu.

Des astrophysiciens ont découvert un deuxième plan de rotation du Système solaire. Les huit planètes – ainsi que les ceintures d’astéroïdes et celle de Kuiper – tournent autour du Soleil selon le même plan. Certains objets transneptuniens, comme Pluton, ne suivent pas ce plan de rotation primordial, mais de manière désordonnée. Dans l’Astronomical Journal de l’été dernier, des chercheurs de l’Observatoire astronomique national du Japon (NAOJ) ont montré que les comètes de longue durée, qui proviennent des confins de notre système solaire, suivent le même plan de rotation, incliné de 60 degrés par rapport au plan de rotation planétaire.

La vie dans les cratères

PHOTO FOURNIE PAR GORDON OSINSKI

Chercheurs de l’Université Western Ontario dans le cratère de Haughton, au Nunavut

Les missions vers Mars devraient d’abord chercher la vie dans les cratères, selon une nouvelle étude ontarienne. Depuis 20 ans, une équipe de géologues et d’astronomes de l’Université Western Ontario fouillent les cratères du nord du Canada à la recherche des éléments laissés par les météorites qui les ont formés. Ces éléments incluent souvent des molécules organiques, les blocs de base de la vie. Dans Astrobiology publié en septembre dernier, les chercheurs de London ont avancé que la vie extraterrestre pourrait s’être limitée aux cratères d’impact dans des environnements peu propices à sa survie.